SENSIBILISATION – Pour l’éradication de l’apatridie d’ici 10 ans : Le HCR lance la campagne «J’appartiens»

Dans un communiqué de presse, le Haut Commissariat pour les réfugiés veut mettre fin à l’injustice de l’apatridie. Pour qu’il n’y ait plus de personne sans nationalité dans le monde d’ici 10 ans, l’institution a lancé hier la campagne «J’appartiens».

L’apatridie, on en entend parler mais peu de gens connaisent réellement l’existence de ce phénomène. Sans nationalité, les apatrides ne bénéficient pas des droits et services que les pays accordent normalement à leurs citoyens.

Pour­tant, «au moins 10 millions de personnes dans le monde sont actuellement apatrides et un bébé apatride naît toutes les 10 minutes», renseigne un communiqué de la représentation régionale pour l’Afrique de l’Ouest du Haut commissariat pour les réfugiés (Hcr).

Dans notre région, «au moins 750 000 personnes sont des apatrides ou à risque d’apatridie», renseigne le texte. C’est principalement en Côte d’Ivoire qu’on les retrouve avec 700 000 personnes qui tombent dans l’une ou l’autre catégorie.

«Quelque 30 000 apatrides d’origine mauritanienne vivent en exil au Mali et au Sénégal, et environ 2 000 personnes apatrides d’origine libérienne, résident dans plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest», renseigne-t-on. 

Ces chiffres laissent en rade des groupes vulnérables non évalués dont «de nombreux enfants talibés sont sans documents d’identité et sont à risque d’apatridie si aucune mesure légale n’est prise pour améliorer leur situation». Tou­jours, selon le document, «la plupart des cas d’apatridie s’accompagnent d’une discrimination fondée sur l’origine ethnique, la religion ou le genre». De plus, ajoute-t-on, «27 pays refusent aux femmes le droit de transmettre leur nationalité à leurs enfants dans des conditions d’égalité avec les hommes».

750 000 apatrides en Afrique de l’Ouest
Il y a 60 ans, les Nations-Unies ont convenu d’assister les apatrides mais aujourd’hui elles veulent faire plus. Le Hcr a lancé hier une campagne mondiale intitulée «J’appartiens», pour éradiquer ce phénomène d’ici 10 ans. En partenariat avec United Colors of Benetton, l’institution veut «faire connaître les conséquences dévastatrices de l’apatridie tout au long de la vie d’une personne». 

Dans le communiqué, on annonce : «Le haut commissaire des Nations-Unies pour les réfugiés, António Guterres, l’émissaire du Hcr, Angelina Jolie, ainsi que 20 célébrités et leaders d’opinion ont publié aujourd’hui (hier) une Lettre ouverte expliquant que 60 ans après que les Nations-Unies ont convenu d’assurer une protection aux apatrides, «il est désormais temps d’éradiquer l’apatridie elle-même».

«L’apatridie est inhumaine. Nous sommes convaincus qu’il est temps de mettre fin à cette injustice», lit-on dans la lettre. Une des premières signataires de cette missive, Angelina Jolie plaide : «Mettre fin à l’apatridie pourrait remédier à cette profonde injustice. Toutefois, cela renforcerait également la société dans des pays où se trouvent des apatrides, en rendant possible de tirer profit de leur énergie et de leurs talents. C’est à la fois une obligation et une opportunité pour les gouvernements à travers le monde de faire cesser ce phénomène d’exclusion.»

Les conflits majeurs, un obstacle à la réussite de la campagne
Pour atteindre son objectif, le Hcr compte sur les «importants progrès récemment survenus dans de nombreux Etats signataires de deux conventions clés internationales relatives aux droits hu­mains».

Il s’agit là de la Con­vention de 1954 relative au statut des apatrides et celle de 1961 sur la réduction des cas d’apatridie. En trois ans, le nombre de pays signataires est passé de 100 à 144, laissant espérer l’émergence prochaine d’une masse critique. Au titre des progrès, on note «durant cette dernière décennie, des changements aux niveaux législatif et politique ont permis à plus de quatre millions d’apatrides d’acquérir une nationalité ou de faire confirmer leur nationalité».

«En Côte d’Ivoire, où l’apatridie s’avérait être la cause profonde d’une décennie de conflit armé, des réformes juridiques en 2013 ont permis à des résidents de longue date dans le pays d’acquérir enfin une nationalité», donne-t-on en exemple. 

Pour les dizaines de milliers d’enfants réfugiés nés en exil, «le Hcr travaille étroitement avec les gouvernements et ses partenaires dans les pays accueillant des réfugiés pour que l’enregistrement de la naissance de ces enfants soit une priorité», fait-on savoir.

Cependant, la tâche ne sera pas facile. Malgré ces progrès enregistrés, de nouveaux risques d’apatridie ont émergé à cause du nombre croissant de conflits majeurs à l’image des guerres en République centrafricaine et en Syrie qui ont causé le déplacement de millions de personnes en interne ou en dehors de leurs pays.

  • Écrit par  Awa GUEYE

agueye@lequotidien.sn

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