Seydi Gassama d' Amnesty International revient à la charge : « Les autorités ont une lourde responsabilité dans la mort de Koukoye Samba Sagna »

Seydi Gassama Amnesty International« Nous avons appris aujourd’hui (N.d.r. : hier) auprès de la diaspora gambienne et directement à Bamako,  auprès des personnes qui avaient accueilli Koukoye Samba Sagna, son décès ce jour à 15 h 30 des suites d’une maladie. La même maladie qui l’avait amené au Sénégal et pour laquelle il recevait des soins ici à Dakar.
« Nous avions, à l’époque, dénoncé la déportation de Koukoye Samba Sagna parce que ce n’est pas une expulsion, mais une déportation. C’est quelqu’un qui avait une nationalité sénégalaise et qui, donc, en aucune manière, n’aurait dû être expulsé vers le Mali. Parce qu’aucun État au monde n’expulse ses propres citoyens. Il a été déporté, il était malade. Depuis qu’il est parti à Bamako, il n’a cessé de m’appeler pour me dire :
« je vais mourir. Ici je n’ai pas les soins appropriés, je n’ai personne pour s’occuper de moi, donc je vais mourir ». Les autorités sont restées insensibles à cet appel et, aujourd’hui, il est mort. Par conséquent, les autorités ont une lourde responsabilité dans ce qui s’est passé.
Et les Sénégalais n’ont jamais saisi la gravité de l’acte que le gouvernement a posé en l’expulsant de ce pays. C’était un citoyen sénégalais. Il n’était plus gambien. Il était ici depuis très longtemps. Il a deux enfants qui étudient en ce moment dans un lycée de la banlieue. Sa maman est une Tamba du département de Bignona.
Il a ici à Dakar sa famille maternelle qui vient tout le temps nous voir et qui n’a cessé d’implorer, auprès des autorités sénégalaises, l’autorisation qu’il revienne ici, pour recevoir les soins dont il a besoin. Donc on peut dire qu’il a été condamné en quelque sorte par les autorités sénégalaises pour, peut-être, plaire à Yaya Jammeh.
Il a été condamné et, aujourd’hui, il est mort. Ce que nous voulons aujourd’hui, c’est que son corps soit rapatrié au Sénégal, par l’Etat du Sénégal et aux frais de l’Etat du Sénégal ; pour qu’il soit inhumé ici dignement. Car, encore une fois, le tyran de Banjul n’acceptera jamais qu’il puisse retourner dans son pays “.
Et pour ce qui est de ses bisbilles avec le président Macky Sall, le président d’Amnesty Interntional / Sénégal déclare : ” (…) nous voudrions dire aussi aux Sénégalais que lorsque nous critiquons ce régime-là, ce n’est pas parce que nous détestons qui que ce soit. Nous ne sommes pas là pour cela.
Nous déplorons des faits patents et il faut que les Sénégalais sachent que si on ne dénonce pas très tôt certaines dérives de ce régime-là, on aboutira à la même situation que celle à laquelle on a abouti avec le président Wade.
Par conséquent, nous n’avons pas d’autre choix que de continuer à dénoncer ces manquements. Quelle que soit la riposte à laquelle nous ferons face, nous dénoncerons toutes ces dérives et nous ferons en sorte qu’elles soient portées à l’attention de l’opinion nationale et internationale ».

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