Shutdown : Obama tente de diviser les républicains

Shutdown: Obama tente de diviser les républicains
Shutdown: Obama tente de diviser les républicains
Shutdown: Obama tente de diviser les républicains

À neuf jours de l’échéance du plafond de la dette, aucune négociation ne se profile entre démocrates et républicains.  Après huit jours de suspension du fonctionnement normal du gouvernement fédéral, Barack Obama ne négocie toujours pas de sortie de crise avec les républicains. Moins blâmé pour l’impasse qui paralyse Washington que ses opposants républicains, le Président américain pose toujours comme préalable à toute discussion, un relèvement indispensable du plafond de la dette publique.

«L’extorsion ne peut pas devenir une routine dans notre démocratie» a-t-il répété hier lors d’une conférence de presse. «Une décision de permettre un défaut (de paiement du Trésor) selon de nombreux patrons et économistes serait de folle, catastrophique et chaotique» souligne le chef de la Maison-Blanche, alors que Wall Street s’alarme du risque de scénario catastrophe.

Selon un sondage du Washington Post, 61% des Américains désapprouvent la tactique démocrate dans cette crise. Mais 71% désavouent les républicains, tandis que 51% dénoncent la position de Barack Obama. À neuf jours d’un inimaginable défaut de paiement du Trésor, le chemin vers un compromis n’est toujours pas discernable. Si le Congrès ne vote pas une loi pour relever le plafond de la dette publique d’ici le 17 octobre, le Trésor américain ne pourrait plus emprunter les sommes nécessaires au règlement de ses dettes antérieures.

Barack Obama a certes téléphoné hier à John Boehner, le leader de la majorité républicaine de la Chambre des représentants. Son message: «Osez voter immédiatement un budget et un relèvement du plafond de la dette, ensuite je suis prêt à négocier de tout ce que vous voulez.» Son interlocuteur en revanche maintient que tout relèvement du plafond de la dette doit s’accompagner de réductions de dépenses. «Le président Obama insiste sur une reddition sans conditions des républicains avant de négocier sur les déficits. Son refus de négocier n’est pas tenable», a martelé le leader républicain.

Face à ce dialogue de sourds, c’est peut-être du Sénat que viendra une solution. Les démocrates y disposent de huit sièges de plus que les républicains. Le climat est un peu moins partisan qu’à la Chambre haute. Certains sénateurs républicains semblent plus soucieux d’éviter toute forme de défaut de paiement du Trésor que leurs collègues les plus radicaux de la Chambre des représentants.

Le leader démocrate du Sénat, Harry Reid, cherche donc à faire adopter un projet de loi qui relèverait le plafond de la dette publique au moins jusqu’aux élections législatives de novembre 2014. À la différence des textes déjà votés par la Chambre des représentants, cette majoration du plafond de la dette ne serait assortie d’aucune condition particulière. En effet il n’est toujours pas question pour les démocrates d’accepter que des baisses de dépenses publiques ou un report de la réforme de la santé sous la menace d’un défaut de paiement du Trésor.

La stratégie de Harry Reid, soigneusement coordonnée avec la Maison-Blanche, est de forcer ensuite la Chambre des représentants à se prononcer sur ce texte. L’objectif: que des démocrates minoritaires à la Chambre des représentants, mais néanmoins très soudés, triomphent en formant une coalition avec une minorité de républicains modérés, écœurés par le Tea Party.

En provoquant une scission du camp républicain, la Maison-Blanche parviendrait éviterait ainsi un défaut catastrophique du Trésor et humilierait durablement John Boehner. Pour autant, la question d’un vote d’une forme de budget pour faire fonctionner normalement le gouvernement fédéral ne serait pas réglée. En outre la minorité républicaine du Sénat peut bloquer la manœuvre de Harry Reid. Le sénateur républicain modéré, John McCain, par exemple a encore exigé hier des négociations budgétaires comme préalable à un relèvement du plafond de la dette.

De notre correspondant à Washington Lefigaro

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