SIDIKI KABA- DEPENALISATION HOMOSEXUALITE «Je suis un ministre qui exerce dans le cadre d'un gouvernement et qui exprime ses positions à travers celles du chef de l'Etat»

Officiellement installé hier jeudi dans ses fonctions de ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Sidiki Kaba, droit dans ses bottes, a fait la part des choses entre le militant des droits de l’homme qu’il est et, ses nouvelles fonctions de ministre.sidiki_mimi

Militant des droits de l’homme dans un pays ou l’homosexualité est « criminalisée », Me Sidiki Kaba avait, en 2009, désapprouvé les interpellations de neuf personnes lors d’un mariage d’homosexuels sur la base de l’article 319 du Code pénal sénégalais qui condamne les unions contre-nature. Il avait ainsi réaffirmé sa position favorable à la légalisation des unions contre-nature.

Tout nouveau ministre de la justice, M. Kaba estime aujourd’hui que l’attitude à adopter dépend de la tutelle : « J’ai exprimé celle de mon organisation, mais je suis un ministre de la Justice qui exerce dans le cadre d’un gouvernement et qui exprime ses positions à travers celles du chef de l’Etat, qui s’imposent à l’ensemble de ceux qui servent sous sa direction », a t-il indiqué.

En marge de son installation officielle, hier jeudi, le nouveau garde de sceaux revenait ainsi sur sa nomination très controversée à la tête du ministère de la justice. « Je suis un avocat militant des droits de l’homme qui a un parcours connu de tous et qui a assumé pendant les trente cinq années de ce combat au Sénégal, en Afrique et dans le monde, la défense de la liberté des hommes, des femmes, des handicapés, des faibles contre les puissants.

En tant que ministre de la Justice, d’ores et déjà ce que j’aimerais dire c’est que je veillerais à ce que la justice s’exerce dans l’intérêt supérieur de l’Etat du Sénégal, en veillant à ce qu’elle soit au service des justiciables dont les droits seront garantis, les libertés assumées dans une société démocratique et un état de droit qui va fonctionner sur le principe d’égalité, d’impartialité, de non discrimination de non exclusion et d’équité. Je vais me consacrer à mes fonctions en ne ménageant aucun effort pour continuer à renforcer la justice, son indépendance, mais aussi respectueux des droits et libertés des justiciables et des citoyens sénégalais », a-t-il ajouté.

Revenant sur la position qu’il compte adopter face a la traque des biens mal acquis, Sidiki Kaba, le nouveau ministre de la Justice déclare «  un processus est en cours et il va aller jusqu’à son  terme.  Si vous voulez savoir si je serais juge, je dirais non, je ne rédigerais pas avec mes mains mais avec les décisions de justice. Quand je parle de l’indépendance de la justice qu’il faut renforcer, le juge n’est pas celui qui se proclame l’être dans la rue, le juge va apprécier si cette cour doit fonctionner sur la base de la loi, et qui va dire quels sont les droits de ceux qui sont déférés devant ces cours, c’est cela un état de droit », a t-il affirmé.

Par ailleurs, Sidiki Kaba a tenu à rassurer les avocats de Hisséne Habré qui ont émis des réserves sur sa nomination : « Il faut qu’ils se rassurent je pense que le Sénégal a une occasion historique de rendre une justice exemplaire à traversd cette affaire qui sera un procès historique et qui démontrera sans doute que l’Afrique a la capacité de juger ses bourreaux sur son propre continent, je pense que ça a été un choix fondamental de juger Habré ici et non dans le froid  de la Belgique », juge t-il.

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