Sidiki Kaba sur le limogeage de Alioune Ndao : «Un procureur qui ignore la réalité et l’opportunité…»

justice_ministre_me_sidikikaba_2Sidiki Kaba officialise les raisons du limogeage de Alioune Ndao en pleine audience : Il n’a pas obéi à sa hiérarchie. Pour le ministre de la Justice, l’ancien Procureur spécial «ignore les principes de réalité et d’opportunité».

Alioune Ndao n’a pas obéi à sa hiérarchie. C’est en substance ce qu’a laissé entendre, hier, le ministre de la Justice interpelé sur le limogeage du Procureur spécial près la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei).

Invité de l’émission «Grand jury» de la Rfm, Me Sidiki Kaba a déclaré : «Un Procureur spécial au contrôle, qui ignore les principes de réalité et d’opportunité qui appartiennent au président du Conseil supérieur de la magistrature, par ailleurs président de la République qui définit la politique pénale d’un pays… Si ce procureur n’est pas d’un secours, il peut-être hors et cela est conforme à la loi.»

Pour le garde des Sceaux, «un procureur qui agit, le fait selon les instructions qui lui ont été données». A quoi donc M. Ndao n’a pas obéi ?

«On ne lynche pas un magistrat sur la place publique, même si ce magistrat peut se permettre de dire des choses sur la Chancellerie. Là n’est pas le débat», répond-il. Sidiki Kaba semble admettre, à demi-mot, que le départ du prédécesseur de Cheikh Tidiane Mara au Parquet spécial de la Crei peut être lié au «refus» de la Chancellerie de faire poursuivre d’autres dignitaires Libéraux, comme l’aurait indiqué Alioune Ndao.

«Doit-on arrêter des gens si ceux qui ont la charge de l’Etat n’en sont pas informés ? Il faut savoir que dans la déontologie des magistrats et les statuts de la Magistrature, un parquet est un ordre hiérarchisé. Il est même permis, lorsque seulement vous êtes en désaccord (avec la Chancellerie), de l’exprimer.

Et c’est pour marquer l’indépendance des magistrats», souligne le ministre de la Justice. M. Kaba souligne qu’il ne saurait y avoir de désaccord entre lui et Alioune Ndao, et que «le titulaire du décret c’est le président de la République».

Démission de l’assesseur de la Crei
Sur la démission de l’assesseur en pleine audience, à cause d’un désaccord avec le président de la Crei, Henri Grégoire Diop, Me Kaba minimise.

«Ce sont des faits d’audience qui relèvent pas de la Chancellerie. Il faut aller vérifier pourquoi tel assesseur le fait. Je pense qu’il a peut-être ses raisons, mais ce qu’il faut retenir c’est la déontologie qui est le plus important», a-t-il dit, soulignant qu’une éventuelle sanction contre le magistrat démissionnaire est du ressort des magistrats qui, eux-mêmes, sont les juges de leurs pairs.

Bastien DAVID & Hamath KANE
bdavid@lequotidien.sn 
hamath@lequotidien.sn

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