Silvio Berlusconi sera déchu (ou pas) en pleine lumière

chef de gouvernement Iltalien Silvio BerlusconiOn ne sait pas si le vote aura lieu – en tout cas on n’en mettrait pas notre main au feu. En novembre ou en décembre ou jamais, le Sénat devrait se prononcer en séance plénière sur la déchéance (ou pas) de Silvio Berlusconi de son mandat de sénateur du Molise (où il n’a quasiment jamais mis les pieds) et sur son inéligibilité pour six longues années, consécutives à sa condamnation  définitive, le 1er août, à quatre ans de prison pour fraude fiscale.

Toutefois, on en sait un peu plus aujourd’hui sur les modalités de ce scrutin inédit au Parlement. Il aura fallu près de trois mois  (à un jour près) et des centaines de pages dans les journeaux toutes tendances confondues pour que la commission chargée d’étudier le cas Berlusconi se prononce pour un vote public (voto palese)plutôt que pour un vote à bulletin secret (voto segreto). Une voix de majorité a suffi. On voit par là que les sénateurs ne sont pas pressés d’expulser l’un des leurs.

Pour Silvio Berlusconi, cette décision prise mercredi 30 octobre est une nouvelle défaite. Il comptait sur la confidentialité du vote pour sauver son siège et l’immunité parlementaire qui va avec. Qui sait si quelques élus du Parti Démocrate (gauche) n’auraient pas eu envie, moyennant quelques compensations, de lui offrir un nouveau sursis? Qui sait si quelques sénateurs du Mouvement 5 Etoiles (M5S) n’auraient pas eu la tentation de jouer avec le feu en choisissant de le maintenir à son poste pour mieux justifier leur discours selon lequel la droite et la gauche c’est bonnet blanc-blanc bonnet. Qui sait si des élus du Peuple de la Liberté (PDL, droite), au contraire, n’auraient pas eu l’envie d’en finir une bonne fois pour toute avec Silvio Berlusconi en votant sa déchéance derrière le rideau noir d’une urne?

Désormais chacun devra prendre ses responsabilités. Le PD, le M5S qui se sont battus pour un vote à main levé. Le PDL qui a voulu à toutes forces un scrutin anonyme.  “C’est un moment sombre pour la démocratie”, a déclaré Maurizio Gasparri, vice-président (PDL) du Sénat, tandis que la sénatrice Alessandra Mussolini, la petite-fille du Duce et… la nièce de Sophia Loren, a estimé que ce vote “conduisait à une crise de gouvernement”. Le président du conseil, Enrico Letta, reste de marbre. Le M5S crie victoire, avec raison. Reste à dresser la guillotine et à fixer la date de l’exécution.  On ne manquera pas de vous tenir au courant…

Philippe Ridet

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