SOUDAN Un viol collectif a-t-il eu lieu au Darfour ?

1411-SoudanDes soldats de l’armée soudanaise auraient violé 200 femmes dans le village de Tabit au Nord-Darfour, le 31 octobre. L’enquête menée le 10 novembre par les casques bleus de la mission ONU-UA ne donne pas de conclusions probantes.

“Le mois dernier, le monde entier a découvert avec effroi les agissements de l’organisation Etat islamique, en Irak, qui vendait aux enchères des femmes enlevées. La communauté internationale a accordé une attention sans précédent à ces événements poussant l’Occident à réagir face à cette menace globale. En revanche, le sort et la détresse de 200 femmes du Darfour violées le 31 octobre sous la menace des armes n’a reçu que le silence comme réaction”, s’indigne Sudan Tribune, qui dénonce “le double standard” de la communauté internationale.
Cette agression a eu lieu aux premières heures du 31 octobre dans le village de Tabit, au Nord-Darfour. Des militaires de l’armée soudanaise ont encerclé le village, regroupé les hommes en dehors de l’agglomération avant de faire subir des violences sexuelles à 200 femmes et jeunes filles dont 80 mineures, rapporte le site d’information.

Le gouvernement soudanais nie la vérité

“Dans une réaction pathétique, caractéristique de la Minuad (mission de paix conjointe de l’Organisation des Nations unies (ONU) et de l’Union africaine (UA), créée le 31 juillet 2007), une délégation de cette mission a déclaré qu’elle a voulu se rendre à Tabit pour enquêter mais que l’accès au village leur a été interdit par l’armée soudanaise”, rapporte le journal. “Mais, honnêtement, personne au Darfour n’espère plus rien de la part de la Minuad et de ses investigations. Cette mission, dont le siège se situe à El Fasher, la capitale du Nord-Darfour, située à moins d’une heure de route de Tabit, a systématiquement comploté pour protéger le gouvernement de Khartoum face à toute condamnation internationale.”

“C’est exactement ce qu’a pu constater Aïcha El-Basri, ancienne porte-parole de la Minuad, qui a démissionné de son poste”, souligne le Sudan Tribune. “Et naturellement le gouvernement soudanais refuse de reconnaître la vérité en déclarant que ces accusations sont orchestrées par leurs ennemis.”

Finalement, le 10 novembre, les membres de la Minuad ont pu entrer dans le village. “Leur rapport ne peut que vous laisser perplexe. Apparemment, aucune des personnes interrogées n’a confirmé qu’un viol collectif a eu lieu à Tabit. Selon les résultats de leur enquête, tout baigne dans ce village.”

Courrier international

In the Spotlight

Le déminage en Casamance ne fait pas l’unanimité

by bishba in SOCIETE / FAITS DIVERS 0

Au sud du Sénégal, les opérations de déminage de la Casamance ont repris depuis le 27 février 2019. Tout s’est arrêté après l’enlèvement de cinq démineurs mardi 14 mai. La perspective d’une reprise des activités [...]

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*