Souleymane Faye alias Diego, artiste- chanteur : «J’ai vécu avec Jésus. Je suis un musulman très catholique»

Souleymane Faye alias Diego, artiste- chanteur
Souleymane Faye alias Diego, artiste- chanteur
Souleymane Faye alias Diego, artiste- chanteur

L’OBS – Il y a Souleymane Faye et il y a Diego. Tous les jours, ils se croisent. Parfois, ils sont le même homme. Parfois non. Souleymane est un homme «ordinaire», qui aime se fondre dans la masse. Diego est un homme célèbre et célébré. Presque malgré lui.

Réputé pour ses excentricités sur scène, Souleymane, artiste hors du commun et parolier hors-pair, est d’une authenticité exquise, qui séduit son monde par son franc-parler unique.

Au restaurant «Le Relais» où il reçoit ce mardi, attablé devant un verre et un café pour s’éclaircir les idées embrumées par une grasse matinée qui a tiré en longueur, Souleymane Faye se lâche. Sans forfanteries, ni fioritures.

Ce jour, il est en demi-saison patchwork sous un blouson noir, deux téléphones portables à la main. Derrière l’allure loufoque, un homme lucide et très réfléchi, qui porte beau l’étiquette d’incompris qui a toujours escorté sa vie. Mais Diego, saltimbanque et brut de décoffrage, n’en a cure. Et ses propos traduisent aisément la philosophie «Baye Fall» qui rythme sa vie. Entretien.    

Depuis bientôt des années, Souleymane Faye n’a pas sorti d’album sur le marché. Que devenez-vous ?

Je suis là, toujours actif à faire des va-et-vient entre Dakar et Saint-Louis, où je suis présentement établi avec toute ma famille : ma femme et mes enfants. Mais je pense revenir à Dakar, d’ici à l’année prochaine.  Car Saint-Louis est trop éloignée de la capitale, où je viens chaque fin de semaine pour mes prestations.

Pourquoi avoir choisi de vous installer à Saint-Louis ?

Pour le calme. En plus, c’est une ville que j’aime beaucoup. Depuis toujours, j’ai souhaité vivre là-bas et puis, quand j’en ai eu l’occasion, je n’ai pas hésité. J’y ai une maison et des terres. Je mène des activités de jardinage. J’ai aussi une autre maison à Dakar, que je donne en location actuellement.

 

Saint-Louis vous plaît et pourtant, vous songez à revenir à Dakar…

Effectivement. Pour une raison toute simple. La plupart de mes activités sont concentrées à Dakar, où je viens chaque fin de semaine. Je viens à Dakar tous les jeudis et je rentre le dimanche. Ce n’est pas toujours prudent car je conduis personnellement ma voiture et il m’arrive parfois de m’endormir au volant, parce que trop fatigué. Et là, c’est risqué car je fais toujours des accidents. Je finis parfois une course dans un arbre.

Cela vous est déjà arrivé ?

Ohoooooo (rire) ! Cela m’arrive très souvent. Mais à grâce à Dieu, je m’en suis toujours sorti indemne.

Souleymane a des enfants musiciens. Que deviennent-ils ?

Ils sont là. L’un évolue aujourd’hui en Italie et l’autre est avec moi. Quant à ma fille, qui évoluait aussi dans la musique, elle est aujourd’hui mariée à mon marabout, Cheikh Ndigueul. Depuis, elle ne chante plus.

C’est vous qui avez décidé de la marier à votre marabout ?

Non. C’est mon marabout qui est venu demander sa main.

Donc elle a choisi d’abandonner la musique pour se consacrer à son ménage ?

Son mari est son guide spirituel et c’est plus fort que tout. Je l’invitais à venir m’accompagner lors de mes prestations, parce qu’elle s’ennuyait à la maison. Elle n’était pas vouée à une carrière de chanteuse. La musique, c’était juste un passe-temps. Elle n’était pas une musicienne à proprement parler.

Quelle est l’actualité de Souleymane Faye ?

Je prépare un nouvel album de 20 titres pour cette année. Ce sera un album dans l’esprit «Hip-hop», parce que c’est un style que j’aime beaucoup. J’ai vécu aux Etats-Unis et j’ai envie de faire un album dans ce sens-là. Ce ne sera pas forcément du rap, mais l’esprit «Hip-Hop» y aura une grande part. La conception est en cours et il ne reste plus qu’à poser les percussions.

A quand remonte votre dernier album ?

Il remonte à 1997 et il s’appelait «Gueew». Quand on a beaucoup chanté, il est parfois bon d’observer une pause pour avoir de la fraîcheur, afin de pouvoir produire du neuf et de l’original, qui puisse capter les mélomanes.

C’est la raison pour laquelle vous préférez faire des prestations dans les clubs et hôtels ?

Oui, parce que cela me fait vivre. Je ne veux pas dépendre de mes albums pour vivre. Ce n’est pas sûr. Imaginez que l’album ne soit pas vendu, ce serait une catastrophe. Et quand la piraterie s’en mêle, c’est autre chose.

Vous êtes artiste multidimensionnel, dont la notoriété dépasse les frontières sénégalaises. Qu’est-ce que la musique vous a apporté ?

La musique m’a beaucoup rapporté. Je vis de ça depuis bientôt 50 ans. Je rends grâce à Dieu. J’ai des maisons, des terres, des voitures etc. Mais ma plus grande richesse, c’est ma famille. J’investis tout ce que j’ai dans ma famille et mes enfants.

Depuis que vous êtes dans la musique, quel est le projet phare que vous avez eu à mener ?

J’ai un projet que j’ai soumis au président de la République. Il s’agit d’un complexe musical et artistique. Car mon premier métier, c’est la menuiserie. Je suis ébéniste de formation. Le Président est prêt à me soutenir. Le projet est très avancé et nous avons déjà trouvé un local pour son implantation. C’est un projet pour mes vieux jours. Il faut bien que je transmette mes connaissances à la jeune génération.

«Pendant un an, j’ai été Sdf en Italie. Je dormais sur un sac de couchage au bord de la plage»

A vous voir, on sent que Souleymane Faye s’est beaucoup battu pour en arriver là. Pouvez-vous revenir sur des moments de galère que vous avez eu à vivre avant de connaître le succès ?

C’était durant ma vie d’aventurier en Europe. J’avais 27 ans, j’étais jeune à l’époque. Je ne connaissais personne là-bas. Avant de trouver un boulot et un domicile, c’était très dur. Il arrivait des jours où je n’avais rien à manger ni d’endroit pour dormir. Et il faisait froid !

Souleymane Faye a été Sdf (sans domicile fixe) en Europe ?

Oui, pendant une année. C’était en Italie et je dormais à la plage, sur un sac de couchage. Le jour, je travaillais dans les restaurants et le soir, vu que je n’avais pas assez d’argent pour me payer une chambre d’hôtel, je dormais à la belle étoile, à la plage. Je consignais mes bagages à la gare routière.

Qu’est-ce qui vous a poussé à émigrer en Italie ?

Je voyais l’Europe au cinéma et j’avais envie de vivre cela. Je suis parti par simple et pure curiosité. Je ne suis jamais allé en Europe pour gagner de l’argent, mais juste pour l’aventure. Je voulais acquérir de l’expérience et ce sont ces expériences-là qui m’ont enrichi et me permettent de faire face à toutes les difficultés de la vie. Que ce soit en Europe ou en Afrique, j’ai une seule manière de vivre. Mon quotidien est réparti entre mon boulot et ma famille. Une fois de retour au Sénégal, je travaillais dans les restaurants et les night-clubs. J’ai été mannequin et Disc-jockey en Europe.

Vous avez eu à défiler pour de grandes marques ?

Oui. Des marques comme Barclay, Lemon. J’étais très sollicité. Je suis resté 4 ans en Italie avant de revenir au bercail. J’avais laissé derrière moi ma femme et mes deux enfants. Il était impératif que je revienne au pays. Je leur envoyais de l’argent périodiquement, mais cela ne suffisait plus. Mes enfants avaient plus besoin de l’affection d’un père. Je n’ai pas eu la chance de connaître mon père, qui est décédé alors que j’avais 2 ans. J’en ai souffert un peu, bien que mon père adoptif faisait en sorte que je ne manque de rien. Je ne voulais pas que cela arrive à mes gosses. Je ne pouvais pas me contenter de leur envoyer juste de l’argent. Ils souffriraient d’un vide affectif et l’argent n’en valait pas le coup. Une fois de retour, il me fallait bosser immédiatement et j’ai été engagé au Novotel, où j’ai travaillé pendant 2 ans. Par la suite, j’ai intégré le «Xalam».

A vous entendre parler, Souleymane Faye donne l’impression d’un homme qui n’est pas très porté sur le matériel…

L’argent ne sert qu’à résoudre les problèmes. Je peux avoir un million aujourd’hui et à la fin de la semaine, tout s’évapore. Quand j’ai un projet, je fonce et je ne regarde pas à la dépense. Quand quelqu’un me soumet un problème, je fais mon possible pour le régler. Je ne peux pas fermer les yeux sur un problème alors que j’ai de l’argent de côté. A quoi bon ? C’est un non sens. Je ne peux pas mettre de l’argent à la banque alors qu’il y a des problèmes à la maison.

«Il m’est arrivé de frapper ma femme»

Souleymane s’est marié très trop. Combien de fois avez-vous été marié et divorcé ?

Je me suis marié… (Il coupe). Ma première femme, je l’ai épousé 3 fois. Par la suite, je suis retourné en Italie et vu que j’avais pris l’option d’y rester pour un séjour prolongé de 10 ans, j’ai décidé de la libérer. Elle était jeune et je ne voulais pas la laisser seule et l’exposer aux tentations de l’adultère. Elle était prête à m’attendre, mais j’ai pris mes responsabilités et je l’ai libérée. Avant cela, on a eu à se séparer à deux reprises pour cause de jalousie. Mais le dernier divorce était définitif. Je suis un homme très jaloux et je ne supporte pas qu’on s’approche de mes femmes. J’ai eu à me marier 5 fois. Quatre fois avec des Sénégalaises et une fois avec une Européenne qui vit en Suisse et avec qui j’ai fini par divorcer.

Actuellement, vous avez juste une femme ?

Oui. Je suis juste avec ma femme, Sénégalaise, et je me suis séparé avec l’Européenne, qui vit en Suisse, mais on a gardé de bons rapports.

Pourquoi cet énième divorce ?

J’ai choisi de me séparer d’elle parce que j’ai envie de rester avec une seule femme.

Elle ne voulait pas d’un mari polygame ?

Non, ce n’est pas cela. Elle voulait bien rester avec moi, malgré mon statut de polygame, mais j’ai préféré divorcer car deux femmes, c’est compliqué (sic).

Pourquoi ?

Parce que le polygame est toujours partagé entre ses deux foyers. Il fait des va-et-vient et il cause toujours de la souffrance à celle qu’il laisse derrière lui. Il fallait trancher et j’ai choisi de rester avec celle qui m’a donné des enfants.

Quid des sentiments ?

On ne peut pas aimer deux femmes de la même façon. Elles sont différentes et il y en a toujours une que l’on aime plus que l’autre. Il est vrai que j’ai eu à divorcer avec des femmes qui m’ont donné des enfants, mais c’est juste parce que je ne pouvais plus continuer avec elles. Le divorce n’est jamais souhaitable car c’est une défaite. Mais quand c’est inévitable, mieux vaut le faire avant de s’entretuer. Surtout si, à un moment donné, la situation devient violente et invivable. On s’insulte, on se querelle. La situation peut dégénérer au point qu’on en arrive aux mains et dans ce cas, mieux vaut se séparer.

En êtes-vous arrivé à ce stade ?                                                                 

Oui. Il m’est arrivé de frapper ma femme. Mais c’est rare et après, c’est con quoi (sic). (Il fronce les sourcils avant de ricaner). Ce n’est pas cool quoi !

Dans quel état d’esprit êtes-vous quand ça vous arrive ?

Parfois, dans un couple, l’une des parties peut endurer toutes sortes de souffrances en silence. Elle encaisse, supporte et ne dit rien. Mais il arrive un jour où la goutte d’eau finit par déborder du vase et il suffit d’un peu pour que cela explose. C’est pour cela qu’il n’est pas bon d’emmagasiner des frustrations. Mieux vaut en parler tout de suite, crever l’abcès, évacuer les problèmes et continuer. Si possible. Sinon, mieux vaut déposer les armes, tourner la page et essayer de refaire sa vie.

Est-ce que Souleymane Faye est un homme violent ?

Non. Je suis un grand timide.

Depuis combien de temps, cette femme supporte-t-elle vos humeurs ?

Nous sommes ensemble depuis 13 ans.

On dirait que vous êtes contre la polygamie…

Depuis ma tendre jeunesse, je n’ai jamais eu deux fiancées en même temps. Si je ne m’entends pas avec une femme, j’en change. Mais tant que tout va dans le meilleur des mondes, je ne me fatigue pas à regarder ailleurs. Maintenant, je ne suis ni pour ni contre la polygamie car cela fait partie de notre culture. Toutefois, je reste convaincu qu’on ne peut pas aimer deux femmes de la même manière. Les femmes sont différentes, chacune d’elles a ses défauts et ses qualités, à mon sens, il y en a toujours une qui vous correspond le plus. On peut les aimer toutes les deux, mais à des degrés différents.

Combien d’enfants avez-vous ? 

Ah, j’ai une équipe de foot, (il éclate de rire). J’ai 8 gosses et ma fille aînée à 40 balais déjà.

Quel âge avez-vous ?  

J’aurais 65 ans cette année…

Le «Xalam 2», formation musicale dont vous êtes membre, s’apprête à mettre sur le marché un album. Serez-vous de la partie ? 

Non, je n’étais même pas au courant qu’ils allaient sortir un album. Pour tout dire, je n’étais pas au Sénégal lorsque l’enregistrement et les autres réglages se faisaient. J’étais en Suisse et c’est donc à mon insu que l’album a été concocté. Ce que les Sénégalais ne savent pas, c’est que je ne suis pas un membre à part entière du «Xalam 2». J’étais, en fait, un employé qui percevait un salaire tous les mois.

Pourquoi donc ?

J’assurais les prestations, et quel qu’en soit le nombre, je gagnais un montant fixe.

Quels sont vos rapports avec les membres de ce groupe ? 

Ils sont tous des amis.

Il fut un temps où vos relations n’étaient pas au beau fixe…

Mes problèmes avec «Xalam» étaient toujours liés à l’argent. A part cela, je m’entends, en individualité, avec chacun d’entre eux. C’est peut-être collectivement que nous ne nous entendons pas.

Allez-vous poursuivre l’aventure avec eux ? 

Bien entendu, à chaque fois qu’ils auront besoin de moi, je répondrai, sans hésiter. Puisque je ne suis plus salarié, il suffit juste de discuter du cachet et des modalités de paiement et cela se fera.

«Au Sénégal, quand tu t’en fous, on dit que tu es fou. Je ne suis pas encore fou»

Aujourd’hui, on vous voit souvent faire des prestations dans des clubs de la place. Toutefois, ce qui frappe le plus, c’est votre style vestimentaire, allant des couleurs flashy au «Ngimb». Qu’est-ce qui l’explique ? 

C’est tout juste expressif et non de la folie. C’est bien planifié, calculé et tout, je ne le fais pas sur un coup de tête. Pour moi, il faut faire du spectacle et pour assurer le show, il ne suffit pas juste de chanter et de danser, les costumes de scène comptent aussi.

Pourtant, certains Sénégalais se disent que vous êtes devenu fou… Parfois, vous êtes presque nu sur la scène…

(Il rit à tout rompre) Non je ne suis pas encore fou ! Pourtant, nos ancêtres ne portaient pas d’habits. Ils mettaient juste un cache-sexe, un bout de ficelle autour des reins. En ce qui me concerne, j’ai encore toute ma tête, les idées bien en place. C’est tout juste qu’au Sénégal, quand tu t’en fous, on dit que tu es fou.

Comment faites-vous pour dépasser tout cela ? 

Je suis un homme de spectacle. Voilà des années que je fonctionne ainsi, même durant mon séjour en Europe, je portais le «Nguimb». C’est peut-être maintenant que les Sénégalais l’ont découvert, mais ce n’est pas une nouveauté.

D’autres fois, c’est la valise sur la tête, parfois l’imitation du mouton…

C’est moi. J’aime créer des surprises et faire des choses spectaculaires pour surprendre mon public. C’est ma façon de créer le spectacle. Lorsque je me produis en concert, je dépense au moins 100.000 F Cfa en costumes.

C’est vous qui créez vos propres tenues ?

Oui le plus souvent, à défaut, je vois des choses qui me plaisent et j’en fais un assemblage.

«Je suis un musulmenteur. Je bois, je fume, je commets l’adultère»

Vous portez aussi quelquefois une croix autour du cou. Aujourd’hui, vous arborez une chaîne à l’effigie de Cheikh Ibra Fall. On en arrive à se demander de quelle confession vous êtes ? 

Oui j’ai porté une croix un certain temps, parce que j’ai vécu avec Jésus, (avec un ton ferme)…

Avec Jésus, comment ça ? 

J’ai vécu avec Jésus pendant longtemps. Lorsque j’étais en Europe, je ne savais pas lire le Coran, à la place, j’avais une Bible et je m’en servais beaucoup pour me nourrir spirituellement. Je m’en suis même inspiré pour baptiser l’un de mes fils, au nom de Salomon (personnage de la Bible). Il ne faut pas non plus perdre de vue le fait que Jésus était là avant le prophète Mohamed (PSL). Également, quand Mohamed a été chassé de La Mecque et qu’il ne savait pas où aller, ce sont les prêtres qui l’ont recueilli et soutenu. Beaucoup de gens ne savent pas ça. Et puis, Jésus, c’est le prophète Insa dans le Coran.

Souleymane Faye est-il musulman, chrétien ou athée ?

Je suis musulman, mais très catholique (rires).

Comment peut-on être un musulman très catholique ? 

Je suis plutôt un «musulmenteur» (sic)».

Vous pratiquez ? 

Je mens, je commets l’adultère, je bois du vin, je fume de la cigarette. C’est pourquoi je suis «musulmenteur»

Est-ce que vous priez ?

Je suis un «Baye Fall»…

Ce n’est pas une excuse…  

Je prie, mais seulement avec mon chapelet. Je fais tout juste des «wird». S’agissant des prières quotidiennes, mon front n’a pas touché le sol depuis belle lurette.

Et vous êtes bien comme ça ?  

Oui, (il se répète), je suis Baye Fall.

Vous ne vous préoccupez même pas de votre sort, à l’heure de votre mort ?

Pour moi, le Paradis c’est dans le cœur (il porte sa main sur sa poitrine).

Vous ne craignez donc pas le jugement dernier ? 

Non, je crois être assez gentil, généreux pour que le Bon Dieu m’accorde Sa Miséricorde.

Vous ne craignez pas la justice divine, qu’en est-il de celle des hommes ? Tenez-vous compte de leur jugement ?

Non, je ne me cache pas et j’assume tout ce que je fais.

Vis-à-vis de votre famille et compte tenu de votre âge, ne pensez-vous pas qu’il est temps d’arrêter de boire et de vous conformer aux préceptes de votre religion ? 

(Il dédramatise). Oh ! Boire un verre de temps en temps, cela ne fait pas de mal. Le plus grave, c’est de se saouler.

Il vous arrive de vous saouler ?

Non, pas vraiment ! Il m’arrive de boire un coup de trop à certaines occasions, comme des mariages ou les fêtes de fin d’année. Je ne me saoule pas, mais je suis bien quoi, je suis juste «saf» (bien).

Comment vos enfants et votre épouse vivent-ils cette situation ?    

Ils savent que ce n’est pas bon et ils me le reprochent. Mais bon (il s’arrête)… Personne d’entre eux ne fument, à plus forte raison boire de l’alcool. En plus, ils prient assidûment.

C’est sans doute grâce à leur mère ? 

Non, moi-même, j’y ai veillé. Je les ai éduqués dans ce sens-là. Ils ont compris que moi, j’étais un «Baye Fall» et que je ne prie pas de la même manière.

Comment analysez-vous les récents événements qui se sont passés en France, les tueries de Charlie Hebdo, ce magazine qui caricature le prophète Mohamed (PSL) ?

Je suis contre le fait qu’on caricature le prophète (Psl), ils ont exagéré et en ont irrité plus d’un. Résultat des courses, ils ont été tués. C’est dommage qu’ils soient morts pour ça, le problème aurait pu être réglé d’une autre manière.

Une marche a été organisée par la suite pour manifester contre cette attaque, considérée comme terroriste. Le chef de l’Etat, Macky Sall, y a pris part et a vivement été contesté pour cette décision. Quel est votre avis ? 

Il le fallait, ne serait-ce que pour présenter les condoléances et préserver les relations humaines car la France et le Sénégal sont de vieux amis.

Diégo est-il Charlie ?

Je suis anti Charlie, mais je ne soutiens pas le terrorisme.

Vous aviez dédié une chanson à Macky Sall. L’avez-vous vu depuis lors ? 

Oui, il m’a reçu et à l’issue de notre entrevue, il m’a donné beaucoup d’argent.

Combien ? 

Non, je ne peux pas dire ça en public, ce serait indécent. Il m’a demandé ce que je voulais qu’il fasse pour moi et je lui ai répondu que je voulais retaper la maison où j’ai grandi à Thiaroye. Il m’a donc donné les moyens de le faire. La maison est actuellement en travaux.

Pourquoi l’avoir chanté ?  

Pour ses qualités, ses traits de caractère. Il est rigoureux, travailleur et très honnête. Je le connais depuis l’époque où il était Premier ministre sous Wade. Je le considère comme un jeune frère…

PAR MARIA DOMINICA T. DIEDHIOU & NDEYE FATOU SECK

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