Super-président : Macky et la gestion solitaire du pouvoir

Dés ce samedi 4 mai 2019, le chef de l’Etat, Macky Sall qui st à son second et dernier mandat de cinq ans à la tête du Sénégal devient un super-Président. Ce, si son projet de loi pour la suppression du poste de Pm passe à l’Assemblée nationale. Macky Sall s’accapare de tous les pouvoirs

Le Sénégal va supprimer le poste de Premier ministre demain samedi, pour adopter un régime présidentiel dans le cadre d’une réforme constitutionnelle, d’après les médias.

Le Président sénégalais Macky Sall, réélu fin février pour un nouveau mandat de cinq ans, a reconduit samedi son Premier ministre sortant, Mahammed Boun Abdallah Dionne, le chargeant de préparer la suppression du poste du chef de gouvernement pour adopter un régime présidentiel, a annoncé la présidence sénégalaise.

Selon M.Dionne, la réforme «passera par la suppression de l’échelon intermédiaire de Premier ministre». Le gouvernement sera ainsi directement dirigé par chef de l’État, Il contrôle ainsi tout le pouvoir.

M.Dionne a en outre été nommé secrétaire général de la présidence et cette fonction «prendra le dessus» après la disparition du poste de Premier ministre, a-t-il expliqué. Ce n’est pas la première fois qu’un Président du Sénégal supprime le poste de Premier ministre. Léopold Senghor et Abdou Diouf l’ont fait après la crise de 1962, avec l’éviction de Mamadou Dia, alors président du Conseil et en 1983.   

…La gestion solitaire du pouvoir

«Macky Sall inaugure une ère de gestion solitaire du pouvoir en décidant tout seul de changer le régime politique de notre pays avec la suppression du poste de premier ministre et influe ainsi sur le jeu d’équilibre des pouvoirs. Cette décision qui n’a jamais été une promesse électorale et qui relève donc d’une stratégie, n’a pas encore révélé tous ses secrets.

En tout état de cause, son nouveau gouvernement décline une partie des tdr (termes de référence) d’un soi-disant dialogue qu’il appelle de ses vœux. Il maintient son ministre de l’intérieur et renforce ses pouvoirs pour quelqu’un qui est normalement à son dernier mandat.

Comme l’avait si bien dit Montesquieu, « c’est une expérience éternelle, que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu’à ce qu’il trouve des limites. »

Macky Sall a décidé de renforcer ses pouvoirs et d’encadrer par le mystère la gestion de la chose publique à la place d’une transparence qu’exige toute grande démocratie. Il a décidé de n’en faire qu’à sa tête, quitte à se payer notre tête.

Il revient au peuple sénégalais dans sa diversité, de faire face et de veiller à sauvegarder ses acquis démocratiques, fruits d’un combat de plusieurs générations », a écrit Thierno Bocoum, Président du mouvement AGIR.

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