SUTSAS – Exclu pour fractionnisme : Cheikh Seck perd son djihad contre Mballo Dia Thiam

Cheikh Seck exclu du Sutsas par le Bureau exécutif régional de Dakar
Cheikh Seck exclu du Sutsas par le Bureau exécutif régional de Dakar
Cheikh Seck exclu du Sutsas par le Bureau exécutif régional de Dakar

Cheikh Seck, Mouhamed Lamine Ly et Abdou Guèye sont exclus du Sutsas par le Bureau exécutif régional de Dakar de cette organisation syndicale. Après les avoir traités de dissidents, le Sutsas demande aux instances supérieures de leur syndicat de tirer toutes les conséquences de cette décision.

La crise continue au Syndicat unitaire des travailleurs de la santé et de l’action sociale (Sutsas). Et le fossé se creuse davantage. Après la sortie médiatique du Groupe de réflexion et de résistance pour la sauvegarde du Sutsas authentique dirigé par Cheikh Seck, l’autre partie apporte la réplique avec une décision ferme. Le Bureau exécutif régional (Ber) du Sutsas de Dakar qui s’est réuni en séance extraordinaire hier, a prononcé l’exclusion des «camarades» Cheikh Seck, Mouhamed Lamine Ly et Abdou Guèye considérés comme des «dissidents». Abdou Dièye, secrétaire général de l’Union régionale du Sutsas de la section de Dakar et chargé de la communication nationale, demande aux instances supérieures d’en tirer toutes les conséquences.

Le Sutsas n’a pas, cependant, attendu l’avis des instances supérieures  pour procéder à leur remplacement. Le Ber a déjà remplacé Cheikh Seck en nommant Aïssa Diagne Ngom comme le nouveau représentant du Sutsas à la sous-section de Hoggy.

Le Ber, pour justifier sa décision, invoque les articles 33 et 34 de leur règlement intérieur qui, selon Abdou Dièye, ne tolèrent aucune friction au sein de leur organisation syndicale. «A plusieurs reprises, le Comité exécutif national a décrété  des mots d’ordre de grève  que l’hôpital général de Grand Yoff n’a pas respectés parce que Cheikh Seck, représentant du Sutsas dans cette structure hospitalière, n’en voulait pas», explique Diamé Sow, secrétaire national adjoint du Sutsas.

Il ajoute : «En décidant de se mettre à l’écart, ce dernier tombe sous le coup de l’article 35 qui stipule que tout manquement aux articles 33 et 34 sera puni d’une des sanctions suivantes : avertissement, blâme, suspension, exclusion et même poursuite judiciaire. L’union régionale de Dakar a toute la légitimité de sanctionner nos trois camarades qui ont décidé de se mettre à l’écart de nos textes.» Parmi la panoplie de sanctions,  le Bureau exécutif régional de Dakar a choisi l’exclusion.

Selon ses membres, les trois syndicalistes se sont auto-exclus. «Ils ont toujours défié le Sutsas ce, malgré notre volonté affichée de préserver l’unité syndicale», tonne le chargé de la communication.
Il faut rappeler que Mballo Dia Thiam, actuel secrétaire général du Sutsas, dirige cette organisation syndicale depuis 20 ans. Il a été choisi en 1993 pour continuer le mandat de feue Bakhao Seck qui était coptée à l’époque au côté de Abdoulaye Bathily  devenu ministre. Depuis cette date, il conduit toujours  aux destinés du Sutsas.

Cheikh Seck à propos de son exclusion du Sutsas : «Je suis et je reste membre de ce syndicat»

«Le Bureau régional n’a aucun pouvoir de décision.» C’est la réponse servie par Cheikh Seck, un des syndicalistes concernés par la mesure d’exclusion prononcée par le Bureau exécutif régional. «Je suis membre à part entière du Sutsas», poursuit-il sereinement. L’animateur du Groupe de réflexion et de résistance pour la sauvegarde du Sutsas authentique a lui aussi invoqué l’article 35 pour se défendre.

«Avant toute exclusion d’un membre du syndicat, il faut que ce dernier  soit entendu par l’instance suprême de décision du syndicat. Ce qui n’a pas été notre cas. Jusqu’à présent, cette instance ne nous a pas convoqués», argue Cheikh Seck. Pour sa part, il estime que la bataille est loin d’être terminée.

«Nous allons retourner sur le terrain pour organiser un congrès des légitimistes. Car nous avons décidé de ne reconnaître aucune instance issue de ce congrès. Ce n’est pas un travail que nous avons commencé aujourd’hui. Nous l’avons préparé depuis longtemps», fulmine M. Seck.

Par ailleurs,  Cheikh Seck est revenu sur l’opacité qui entoure la gestion de leur coopérative d’habitat qui regroupe 3 200 personnes. Il avance que 3 milliards de francs Cfa avaient été versés. «Jusqu’à présent,  seuls 100 logements ont été réalisés. Et ils se sont partagé les maisons», dénonce-t-il.

ndieng@lequotidien.sn

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