Syrie: Alep coupée en deux, ses habitants à la merci des combats

ALEPA Alep, la population est très inquiète. Elle sait que la bataille entre l’armée syrienne et la coalition de jihadistes et de rebelles peut reprendre à tout moment. Des combats sporadiques ont lieu au sud-ouest de la ville, visée par d’intenses raids de l’aviation russe et syrienne. La Russie a annoncé un cessez-le-feu de trois heures, entre 10 heures et 13 heures locales, tous les jours à partir de ce jeudi, pour introduire de l’aide humanitaire dans la ville. Une durée jugée insuffisante par l’ONU, qui réclame une trêve totale de deux jours.

Avec notre correspondant à BeyrouthPaul Khalifeh

Les deux parties continuent d’acheminer d’importants renforts autour d’Alep en prévision de la prochaine bataille. Une source proche du Hezbollah, à Beyrouth, a confirmé à RFI que des unités supplémentaires des forces spéciales de l’armée syrienne, ainsi que des combattants libanais et iraniens, avaient été déployés.

Les rebelles ont quant à eux affirmé vouloir doubler leurs effectifs. Dans ce cadre, le ministère russe de la Défense a indiqué, mercredi 10 août, que 7 000 jihadistes étaient massés près d’Alep.

Sur le terrain, la situation est volatile. L’armée syrienne et ses alliés ont repris leurs actions offensives, pour tenter de fermer le couloir ouvert par les rebelles vers les quartiers est, assiégés par le régime.

D’intenses raids aériens et des tirs d’artillerie visent ce couloir de 900 mètres de large et de deux kilomètres de long, insuffisant pour permettre un approvisionnement normal des zones encerclées.

Les rebelles ripostent par des tirs d’obus et de roquettes contre les secteurs ouest, tenus par les troupes gouvernementales. Au moins 12 civils ont été tués et des dizaines d’autres blessés, ce mercredi, par ces bombardements, à Hamdaniya.

L’ouest d’Alep, où vivent plus d’un million d’habitants, est mieux approvisionné que les quartiers est, qui abritent 250 000 personnes. Le régime a aménagé une route alternative, qui contourne la ville par l’est et le nord, et des convois de carburant et de vivres sont déjà entrés.

Témoignage d’un habitant d’Alep

Mohammed al-Shaghel est technicien au service d’anesthésie de l’hôpital M1 d’Alep. L’établissement se trouve dans la partie est de la ville, contrôlée par la rébellion syrienne. C’est ce secteur dont les rebelles ont brisé l’encerclement à l’issue de violents combats la semaine dernière.

« Pour le moment, il y a un passage étroit entre la partie est d’Alep et la campagne alentour. Les rebelles ont ouvert ce couloir dans le secteur de Ramoussa. Ce n’est pas suffisant pour faire entrer de l’aide médicale et de la nourriture à Alep mais je pense que cela va s’améliorer dans les prochains jours. »

A moins que ça ne soit le contraire. Le régime et ses alliés étrangers acheminent des renforts dans la région. Mohammed al-Shaghel explique que la population d’Alep redoute une nouvelle bataille dans l’enfer que la ville connaît depuis quatre ans.

« Ici la population est prise pour cible en permanence. Même les hôpitaux, même les écoles, même les marchés sont visés par les aviations syrienne et russe. Les gens ont peur. Tous les jours il y a entre 30 et 50 roquettes ou obus qui tombent ici, sur la partie est d’Alep », poursuit ce membre de l’Union des organisations de secours et soins médicaux (UOSSM).

Pour cet habitant d’Alep, aucune paix n’est possible avec le régime syrien et ses alliés russes, iraniens et libanais du Hezbollah.

RFI

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*