TAMBACOUNDA : ABDOULAYE SOW, PRESIDENT DE L’ UNCEFS «C’est Ali Haïdar qui instrumentalise le vice-président du groupe parlementaire libéral pour casser notre mouvement»

ABDOULAYE SOW, PRESIDENT DE L’ UNCEFSLe torchon continue de brûler entre le ministre de l’Ecologie et de l’Environnement et les responsables de l’Uncefs qui ont entamé un mouvement d’humeur pour protester contre certaines dispositions de l’arrêté organisant la campagne 2013/2014. Une frange se réclamant de ladite structure et dirigée par le député Mohamet Dieng se désolidarise du mouvement d’humeur et dit apporter son soutien au ministre Aly Haïdar. N’empêche, Abdoulaye Sow et ses militants diront poursuivre le combat.

Pourquoi le torchon brûle t-il entre vous et le ministre en charge de l’environnement ,Aly Haïdar, au point de déclencher un mouvement d’humeur ?

Il refuse de parler avec nous, il nous caricature et nous présente  comme des pilleurs des ressources forestières. Raison pour laquelle il a paraphé un arrêté organisant la campagne 2013/2014, lequel document présente à nos yeux des manquements et des dysfonctionnements nécessitant une concertation à laquelle nous l’avons invité. Non seulement il refuse de le faire, mais il s’est payé le luxe de nous présenter comme des délinquants refusant de payer des taxes et s’enrichissant au niveau de la forêt. Ce qui est troublant dans cette affaire, c’est qu’il l’aurait présenté en conseil des ministres et laisser croire que nous sommes des Sénégalais qui n’ont comme seul souci que celui de se faire les poches au détriment des ressources naturelles comme si nous n’avons pas conscience que nous sommes appelés à « disparaître » si nous n’avons plus de forêts.

Vos actions s’inscrivent-elles dans la légalité ?

Ecoutez, ce programme d’aménagement, le ministre l’a trouvé sur place. Il n’en est pas l’initiateur ! Nous sommes installés dans ces zones aménagées depuis quatre ans mais lui, par ses agissements, est entrain d’orienter des gens vers les zones non aménagées et il refuse qu’on le dise ! Nous, nous sommes dans la profession depuis de longues années, si nous voyons des choses peu orthodoxes, nous les dénoncerons pour alerter l’autorité, n’en déplaise au ministre!

Voulez-vous insinuer qu’il est dans l’illégalité ?

C’est lui qui milite en faveur de l’illégalité parce qu’un délinquant, on le traque, on le sanctionne et le présente à la justice. Les amendes font presque mensuellement 120 millions de nos francs, et sur cela les services forestiers ont les 30% et nous savons comment cela se passe. On dit que c’est un problème d’argent et ce monsieur est entrain, au nom de l’écologie, de faire des choses qui ne militent point en faveur de la préservation des forêts. Ce que nous avons demandé est très simple, revisiter l’arrêté portant sur la présente campagne dont la mise en œuvre a connu près d’un trimestre de retard mais il ne veut pas nous écouter parce que nous avons mis le doigt sur la plaie.

Voulez-vous dire que c’est plutôt sa poche qu’il préserve et non la forêt ?

Mais c’est ce que nous avons constaté, les gens vont maintenant dans les zones non aménagées et dans ces zones il prélève des taxes d’un million de nos francs. Il a trouvé ces taxes à 1000 F et les a amenées à 2500 F. Or, dans les zones aménagées, le coût de production est de 3500 F, cela est suffisamment révélateur de sa volonté d’encourager l’exploitation en zone illicite. Nous, nous avions proposé des amendes de 7500 F dans ces zones pour décourager l’exploitation frauduleuse, c’est cela notre intérêt en tant que professionnels mais pour briser notre mouvement, il fait feu de tout bois.

Votre mouvement  provoque-t-il un manque à gagner, le jeu en vaut-il la chandelle ?

Il y a certes un manque à gagner mais pour nous la protection de la forêt n’a pas de prix. Le ministre est entrain de démarcher des gens pour briser notre mouvement, il a instrumentalisé le vice président du groupe parlementaire libéral avec qui il est de mèche pour ce faire. Mais nous, nous disons que cette affaire est une course de fond et non une course de vitesse. Nous nous battrons avec méthode et détermination jusqu’à être entendus.

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