Tchad : le président Idriss Déby Itno réélu pour un cinquième mandat dès le premier tour

DEBY-DENTS-21-12-2012-21-42-572Tchad : le président Idriss Déby Itno réélu pour un cinquième mandat dès le premier tour

Au pouvoir depuis 26 ans, Idriss Déby Itno a remporté la présidentielle tchadienne dès le premier tour avec 61,56œ% des voix et décroche ainsi un cinquième mandat. L’opposition dénonce un “hold-up électoral”.

Au pouvoir depuis 26 ans, le président du TchadIdriss Déby Itno, a été réélu pour un cinquième mandat au premier tour de la présidentielle du 10 avril avec 61,56 % des voix, loin devant le chef de l’opposition, Saleh Kebzabo (12,80 %), qui dénonce un “hold-up électoral”.

Laoukein Kourayo Medard, maire de Moundou, capitale économique située dans le sud du pays, est en troisième position avec 10,69 % des suffrages, selon les résultats annoncés jeudi 21 avril par la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Ces résultats provisoires doivent être avalisés dans un délai de 15 jours par le Conseil constitutionnel.

La victoire sans surprise du président sortant a été saluée par des coups de canon et des rafales de fusil automatique par les militants de son parti, le Mouvement patriotique du salut (MPS), qui s’étaient donné rendez-vous sur la vaste place de la Nation de N’Djamena, face au palais présidentiel.

Toute la journée, comme d’ailleurs le jour du premier tour, la capitale a été quadrillée par nombre de policiers, de gendarmes et de bérets rouges de la garde présidentielle, présents à tous les carrefours, a constaté l’AFP. Cette démonstration de force et d’intimidation d’un pouvoir omnipotent, qui ne supporte pas la contestation, s’illustre aussi par la victoire dès le premier tour d’Idriss Déby. Car, au vu du nombre de candidats – 13 au total -, la question était surtout de savoir si Déby passerait au premier ou bien au second tour.

“Disparition de centaines d’urnes”

Avant la publication des résultats, jeudi, huit candidats, dont le chef de l’opposition, avaient accusé le pouvoir de fraude, estimant qu’aucun candidat “ne peut l’emporter au premier tour” au vu des résultats dans les régions dont ils disent disposer.

Les signataires dénonçaient “la disparition de centaines d’urnes et de milliers de procès-verbaux”, ajoutée notamment au “trafic de cartes d’électeurs” de la part du MPS. Ils dénonçaient également la disparition de militaires qui n’auraient pas voté pour Idriss Déby et dont certains, “arrêtés et emprisonnés”, sont “à ce jour portés disparus”. Ils mettaient aussi “solennellement en garde” la Céni et le Conseil constitutionnel “contre toute tentative d’avaliser le hold-up électoral du MPS”.

>> À voir dans le Journal de l’Afrique : “Le Tchad dans l’attente des résultats de la présidentielle, sans Internet”

Plusieurs de ces candidats d’opposition, notamment dans les quartiers pauvres de N’Djamena, et dans le Sud, région la plus peuplée, disposent effectivement d’une implantation solide, censée leur rallier un nombre important d’électeurs.

Dans l’hypothèse d’une victoire au premier tour d’Idriss Déby, dont le slogan de campagne était “1er tour, KO”, les huit candidats envisageaient enfin de “ne pas reconnaître toute institution issue de ce hold-up électoral” et de “mettre en place un gouvernement de salut public”.

L’élection de Déby intervient au moment où plusieurs administrations, hôpitaux, écoles et universités sont en grève depuis de longues semaines : pour des arriérés de salaires, de bourses, toujours pour les moyens de survie quotidienne.

Mais la société civile n’a pas le droit de manifester pour une alternance démocratique. Pour avoir enfreint cette interdiction, quatre personnes ont été emprisonnées trois semaines avant d’être condamnées à quatre mois de prison avec sursis.

Avec AFP

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