Tchad: le quasi «coup KO» de Déby avant le scrutin

deby scrutin de pacotilleIdriss Déby a tenu son dernier meeting au stade de Ndjamena, ce 8 avril 2016.© ISSOUF SANOGO / AFP

Face à ses concurrents à l’élection présidentielle du 10 avril, Idriss Déby, président sortant au pouvoir depuis 26 ans, n’a presque pas de rival.

Au Tchad, tout comme la plupart des pays africains en période électorale, les affiches de propagande de Idriss Déby, sont les plus visibles. Ce 10 avril, près de sept millions de Tchadiens sont appelés à élire leur président parmi 13 candidats. La question n’est pas tant de savoir si Idriss Déby obtiendra un cinquième mandat d’affilée. Mais avec quel score sera-t-il réélu ?

Mahamat Brahim Yesko du Mouvement démocratique africain (Mda) s’est désisté. Il appelle à soutenir le président sortant Idriss Déby. Le président de l’Union démocratique tchadienne (Udt), Abderamane Koulamallah en a fait de même. Il a renoncé à soutenir Saleh Kebzabo au profit d’Idriss Déby.

Début avril, syndicats et organisations de défense des droits de l’homme ont annoncé leur retrait toutes les organisations où ils siègent, y compris la Commission électorale nationale et indépendante (Céni). Le président sortant a décidé de garder en prison les cinq leaders de la société civile malgré le séjour «de bons offices» à Ndjamena du Sénégalais, Abdoulaye Bathily, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en Afrique centrale. Chef d’Etat depuis 1990, après la chute de Hissène Habré, Déby est tout près de rempiler pour un cinquième mandat.

«Sultan Déby »

De nombreux pays ont vu leur économie tomber avec la chute des prix du pétrole. Au Tchad, la situation est toute différente. Le secteur pétrolier demeure le secteur dominant de l’économie. Il représente un cinquième du Pib, mais l’impact reste contenu au regard de la situation de certains pays voisins. Idriss Déby a anticipé le besoin de diversification de l’économie. Il a investi dans l’agriculture et soutient en particulier la production de coton. L’agriculture, qui représente pour l’instant 12 % du Pib tchadien, devrait ainsi tirer la croissance. Face à la crise du pétrole, Déby Itno a pu éviter un effondrement fracassant de l’économie tchadienne, tout en faisant front à la menace sécuritaire dans la région.

Durant son magistère, le Tchad constitue une base arrière dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. Au-delà de la force française Barkhane que Ndjamena abrite, les forces armées tchadiennes sont profondément engagées dans la lutte contre Boko Haram, même hors des frontières du pays. Déby a su adopter une stratégie de proximité avec les habitants aux abords du Lac Tchad, où Boko Haram est implanté. Le gouvernement tchadien se montre très actif dans la lutte contre les terroristes. Il mène de nombreuses actions pour éviter que les jeunes Tchadiens ne soient tentés de rejoindre les rangs de Boko Haram. Idriss Déby, président en exercice de l’Union africaine, bénéficie aussi du soutien de la France. Suffisant pour un journal du Tchad de titrer : «Le Sultan Déby en route vers son ‘coup KO’».

 OEIL D’AFRIQUE

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