TRACASSERIES AU PELERINAGE AUX LIEUX SAINTS DE L'ISLAM Une nouvelle association veut y remédier

Mecque pèlerins sénégalais
Mecque pèlerins sénégalais

Dans le souci de rendre autonome les pèlerins se rendant à la Mecque, une structure dénommée Association Nationale pour le Bien-être  du Pèlerin à la Mecque (Anbpm) a été portée sur les fonts baptismaux. Son Président, El Hadji Samba Diao, a été coordonnateur de l’étape de Dakar du pèlerinage aux lieux saints de l’islam pendant plusieurs années. L’association entend offrir aux pèlerins à chaque étape du Hadj, une formation religieuse (maîtrise des actes  religieux), administrative (formalités), financière et un suivi médical approfondi.

«L’Association Nationale pour le Bien-être du Pèlerin à la Mecque (Anbpm) qui a été portée sur fonts baptismaux entend offrir à tous ceux qui désirent faire le pèlerinage toute la formation et les informations requises pour accomplir, sans problème, les actes religieux, administratifs et sanitaires. Notre structure se chargera aussi de donner toutes les informations utiles pour se déplacer sur tous les sites entre Médine et la Mecques.

A terme, notre pays pourra se passer de ces nombreux guides dont la plupart ne font rien aux lieux saints de l’Islam, car n’apportant rien aux pèlerins». Tels sont les propos tenus par El Hadji Samba Diao, ancien coordinateur du pèlerinage non moins initiateur du projet. El Hadji Samba Diao et ses amis qui nous ont rendu visite dans nos locaux, sont favorables à l’idée de privatiser des formalités liées au cinquième pilier de l’islam où l’Etat du Sénégal met beaucoup d’argent. Le projet de l’association devrait permettre à l’Etat d’alléger le budget au Pèlerinage qui est déjà très lourd.

Ainsi, El Hadji Samba Diao déclare : « Chaque deux ans, on se retrouve des fois avec plus de 1 milliard 300 millions de Fcfa de budget et plus de la moitié est consommée par les missionnaires. Et parmi eux, en dehors des religieux, beaucoup ne maîtrisent pas les actes religieux. Moralité, ces missionnaires qui coûtent cher à l’Etat, ne peuvent apporter de l’aide à des pèlerins désorientés». C’est dans ce sillage que s’inscrit le projet de l’Anbpm dont les résultats attendus devaient sensiblement peser sur le budget alloué au pèlerinage.

Pour y arriver, l’association entend démarrer les formations en novembre prochain, à la veille du Magal de Touba, sur l’ensemble du territoire national. El Hadji Samba Diao informe :  « pour la formation, nous débuterons dés le mois de janvier 2014. Mais le lancement officiel de la formation se fera en deux phases, c’est-à-dire au mois de novembre et décembre 2013.

La formation s’étalera toute l’année jusqu’au moment du pèlerinage.» A Dakar, quelques sites sont prévus pour abriter les salles de formation. Les sites visés pour le moment sont la Place de l’Obélisque et le Cices qui ont une  grande capacité d’accueil. El Hadji Samba Diao explique :  « Pour la formation, il y aura des modules à dominante religieuse, administrative et financière. Ces connaissances sur les actes religieux du Hadj, sur les formalités administratives et financières, permettront aux pèlerins de passer toutes les étapes, depuis Dakar jusqu’à la Mecque, dans son hôtel, sur tous les sites du Hadj, de faire le change, sans qu’ils aient besoin de l’aide de guide ».

L’initiateur de l’association poursuit : « nous insisterons aussi sur les modules médicaux. Dés que le pèlerin s’inscrit en donnant une modique somme de 2000fr par exemple, pour suivre les cours, il sera consulté par nos médecins, membres de l’association. Le suivi médical sera approfondi ». Et d’ajouter : « Nous insistons sur ce volet médical dans la mesure où il y a pas mal de cas de décès dus aux mauvaises visites qui se font au commissariat». Ensuite, pour aider ses membres à participer au pèlerinage, l’Anbpm prévoit un volet social entre ses adhérents par des tirages au sort qui permettront aux gagnants d’accompagner les pèlerins pour continuer la formation aux lieux saints de l’islam.

Comme projet à moyen et long terme, l’Anbpm compte créer un Institut avec toutes les commodités qui permettront aux pèlerins de ne pas se dépayser, une fois à la Mecque, avec des plateaux divers et variés : « Nous avons eu l’idée de créer un Institut du Pèlerin au niveau de Diamniadio, avec la proximité de l’aéroport de Diass. Dans cet Institut, on aura des amphis, le bloc administratif et médical, la mosquée, les logements des pèlerins avec tout le confort qui sied». Cependant, l’association compte sur les cotisations de ses membres et sur une subvention de l’Etat et les bailleurs locaux et internationaux pour mener ses activités. Une campagne médiatique sera initiée sous peu pour toucher l’ensemble des populations, selon  l’Anbpm.

9 familles de pèlerins disparus attendent toujours le certificat de décès

 Chaque année, des pèlerins sénégalais décèdent aux lieux saints de l’islam. Mais aujourd’hui de nombreuses familles ne parviennent pas à entrer dans les droits des défunts. Neuf familles courent depuis près d’un an pour avoir les papiers dont le certificat de décès qui devait être délivré par les autorités saoudiennes. Pour l’heure, ces familles qui peinent à avoir du concret, constatent que les bureaux sortant et entrant du pèlerinage se renvoient, chacun la balle dans la gestion du dossier.

C’est pourquoi l’Association Nationale pour le Bien-être du Pèlerin à la Mecque (Anbpm) qui vient d’être portée sur fonts baptismaux a décidé de s’investir pour l’aboutissement des dossiers des familles frappées par ces décès aux lieux saints de l’islam. El Hadji Samba Diao qui en est le président, et ses amis se sont engagés pour que ces familles rentrent dans leurs droits.

Constatant une récurrence des décès et de toutes les tracasseries que rencontrent les parents des victimes pour récupérer les indemnités, l’Anbpm veut agir en amont pour réduire sensiblement ces accidents. Mais l’association veut se battre pour toutes ces familles qui ont perdu un des leurs aux lieux saints de l’islam à l’occasion du Hadj, aux fins de rentrer dans leurs droits. « Nous serons sur tous les cas qui touchent les pèlerins décédés. Nous allons suivre les cas antérieurs et tous ceux qui viendront s’y greffer. Il y avait des dossiers en souffrance, ces familles, je crois, au nombre de neuf, et nous ferons tout pour qu’ils aboutissent. Ces familles se sont investies sur ces dossiers depuis près d’un an, mais rien au bout du compte. Nous attendons l’arrivée du nouveau commissaire et de son équipe pour voir de près ces dossiers », rassure El Hadj Samba Diao».

Rappelons que pour le pèlerinage 2013 l’on a dénombré quatre décès de pèlerins aux lieux saints de l’islam.

Jean Michel DIATTA

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