Tragédie Le Joola : La nuit du jeudi 26 au vendredi 27 septembre 2002 – 15 ans après, les morts hantent encore nos esprits … c’est l’amnésie ou la banalisation?”

La nuit du jeudi 26 au vendredi 27 septembre 2002 sonne comme celle la plus longue mais la aussi la plus douloureuse pour le Sénégal. Plongé dans un émoi total parce qu’enregistrant là l’une des plus grandes pertes que la Nation ait jamais connue. Le bateau qui faisait la navette entre Ziguinchor et Dakar, « Le Joola », se perdait dans les eaux.

Quelques jours avant le départ du bateau, les responsables avaient notifié à l’administration qui se chargeait de l’entretien du Joola, la défaillance d’un des moteurs du ferry. Mais minimisant la distance qui sépare Zinguinchor à Dakar, la panne n’a pas été réglée. Ety c’est là que les choses s’aggravent.

En effet, avec un moteur défaillant, le bateau a quitté la région de Ziguinchor pour Dakar, avec, tenez-vous bien, 4 fois plus de passagers que ce qu’il est censé contenir. Chose encore incompréhensible 15 ans après. Et ironie du sort, ce jour là, de fortes tempêtes secouent la zone. Les passagers ne le savent pas en ce moment, mais la marge d’erreur permise a été largement dépassée, et le Joola est condamné. Seuls 64 rescapés seront dénombrés.

Aujourd’hui, 26 septembre 2017, aucun responsable n’a été désigné, et l’affaire a été classée par la justice sénégalaise en 2003, soit un an après le drame, dit-elle, ne pas remuer le couteau dans la plaie.

Beaucoup de familles n’ont pas encore fait leur deuil, et s’insurge de la gestion cahoteuse de l’Etat vis-à-vis des proches des victimes. Beaucoup d’entres eux, ont affirmé refusé l’indemnité de 10 millions FCfa octroyés par l’Etat, et réclame le renflouement du Joola, pour enfin faire leur deuil.

Par la voix du président des familles des victimes du Joola, Moussa Sissoko, ce renflouement du bateaux est plus que nécessaire. Psychologiquement, la tradition ne permet pas de laisser des cadavres dans l’eau, même si leur reste ont déjà disparu.

En effet, des gens sont restés coincés dans le navire, et pour faire un deuil, il faut faire sortir le Joola de l’eau. En plus, la carcasse du bateau se trouve dans une zone de trafic. Pour les bateaux qui souhaitent faire la navette entre Dakar et Ziguinchor, il est nécessaire d’enlever les restes du Joola, pour éviter une éventuel collision.

15 ans après, les morts hantent encore nos esprits … c’est l’amnésie ou la banalisation?”

Il n’est pas peut-être pas nécessaire de rappeler à la mémoire une telle date car elle est bien retenue et célébrée entre mille reflets. Même la jeune génération, celle qui n’était pas alors née ou qui n’était constituée que de bébés à peine nés, sait que le 26 septembre 2002, le Sénégal a vécu la plus grande catastrophe maritime depuis la seconde guerre mondiale, avec un cruel bilan de 1863 morts, officiellement déclarés. Des morts…qui hantent les esprits au moment où les familles des victimes, toujours inondées par la douleur, réclament justice et que des spécialistes de la psychologie demandent, à présent, le renflouement de ce qui reste de ce triste souvenir.

Quinze ans après, on en parle toujours, juste comme si c’était hier car tous refusent de laisser sombrer le souvenir et personne n’a encore situé les responsabilités. Ce 26 septembre encore, la mémoire va être portée à la Place du Souvenir Africain, à Dakar autour du thème : “Le Joola, 15 ans après : amnésie ou banalisation?”. Un sursaut qui, certainement, va remettre au goût du jour les revers sur cette affaire.

Dans le sillage, l’Etat du Sénégal ne compte plus ressusciter ce dossier qui, en réalité, n’a jamais semblé en être un pour la justice sénégalaise. Ce que les familles des victimes ne supportent pas. Il doit bien y avoir une responsabilité qui a failli ! dit-on toujours. Oui, le bateau a bien coulé et ce qui reste, ce sont les moments douloureux d’une période difficile qui hantent le quotidien des sénégalais. Car, il faut le rappeler, ce procès n’aura pas lieu et la carcasse du bateau, du fond de l’océan, trouble certainement le sommeil de bien des braves.

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