Traite des êtres humains : les conflits et la migration, facteurs de vulnérabilité

trafic-traite2A l’occasion de la Journée mondiale de la lutte contre la traite d’êtres humains qui est célébrée chaque année le 30 juillet, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a demandé à chacun de renouveler son engagement à protéger, respecter et appliquer les droits fondamentaux de tous les migrants et de tous les réfugiés.

« La création et la promotion de procédures d’asile et de migration bien gouvernées, sûres et reposant sur les droits fondamentaux marquera un pas en avant vers la réalisation de l’objectif de mettre fin aux pratiques abominables de ceux qui profitent de la détresse et de la misère humaine », a dit le chef de l’ONU dans un message.

Il a rappelé que des dizaines de millions de personnes cherchent refuge désespérément à travers le monde.

« Les migrants et les réfugiés se heurtent à des obstacles physiques et bureaucratiques colossaux. Malheureusement, ils sont aussi exposés à des violations de leurs droits fondamentaux et menacés d’exploitation par les trafiquants. Les personnes les plus désespérées et les plus vulnérables sont la proie des trafiquants », a-t-il souligné.

Selon lui, pour mettre fin à ces pratiques inhumaines, il faut aller plus loin dans la protection des migrants et des réfugiés, en particulier des jeunes, des femmes et des enfants, contre ceux qui voudraient exploiter leurs aspirations à un avenir meilleur, plus sûr et plus digne.

Des propos largement repris par le Directeur exécutif de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Yury Fedotov, qui a souligné que bien que toutes les victimes de la traite ne soient pas des migrants, le Rapport mondial de l’ONUDC sur la traite des personnes 2016 identifie le lien clair existant entre la migration clandestine et la traite des personnes

Selon l’étude, certains flux migratoires seraient particulièrement vulnérables à la traite des personnes, à l’instar des citoyens du Honduras, du Guatemala et El Salvador qui représentent environ 20 pour cent des victimes détectées aux États-Unis, tandis que la migration légale découle de ce groupe de pays constitue près de cinq pour cent du total des migrations. L’on retrouve des tendances similaires en Europe occidentale, où des citoyens du Sud Est de l’Europe comprennent une part importante des victimes détectées.

Aussi le chef de l’ONUDC a affirmé que les gens pris dans les conflits armés et les crises humanitaires sont à risque élevé d’être victimes d’exploitation sexuelle, de travail forcé, d’esclavage ou du trafic d’organes.

Il estime que la traite des personnes est un crime parasitaire qui se nourrit de la vulnérabilité, se développe dans les périodes d’incertitude et bénéficie de l’inaction,

Yury Fedotov a également appelé les gouvernements à ratifier et à mettre effectivement en œuvre la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée et ses protocoles sur la traite et le trafic des migrants.

(Extrait sonore : Aimée Louise Comrie, spécialiste en prévention crime et justice pénale à l’UNODC; Azzeddine Salmane, juriste adjoint au sein de l’UNODC; propos recueillis Cristina Silveiro)

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