Transrail – Il veut garder 2% des actions : Le petit écartement de Abbas Jaber Spécial

Abbas Jaber, l’actionnaire majoritaire de Transrail
Abbas Jaber, l’actionnaire majoritaire de Transrail
Abbas Jaber, l’actionnaire majoritaire de Transrail

Comme on s’y attendait plus ou moins, Abbas Jaber, l’actionnaire majoritaire de Transrail n’a pas fait de difficultés pour céder ses actions aux deux Etats. Néanmoins, il souhaiterait conserver ne serait-ce que des actions symboliques.

Le Quotidien avait annoncé que Abbas Jaber, l’actionnaire majoritaire de Transrail, avait été convoqué le 18 décembre au plus tard, pour se voir signifier par les gouvernements du Mali et du Sénégal, leur volonté de reprendre la gestion du chemin de fer Dakar-Bamako reliant les deux pays. Hé bien ! Il n’a pas manqué au rendez-vous.

Le jeudi dernier, l’homme d’affaires a été reçu à Bamako par les deux ministres en charge des Transports des deux pays, le Sénégalais Mansour Elimane Ka­ne, qui avait fait exprès le voyage de bamako, ainsi que son collègue malien, qui tous deux lui ont fait part de la volonté des deux pays de reprendre la majorité des actions de la compagnie des chemins de fer Transrail.

Comme Le Quotidien l’avait laissé entendre, M. Jaber n’a pas voulu se lancer dans un bras de fer difficile à tenir. Toutefois, indiquent des personnes présentes à la consultation, l’homme d’affaires a énormément insisté pour ne pas se faire sortir totalement du capital. «Il a demandé que lui soit accordé ne serait-ce que moins de 5% du capital de la nouvelle entité.»

Renseignement pris par ailleurs, M. Abbas Jaber, qui est un natif de Thiès, aurait une relation quasi charnelle avec le chemin de fer. Ceux qui le connaissent indiquent qu’il a toujours indiqué que le chemin de fer Dakar-Bamako est l’une des choses qui auraient marqué son enfance à Thiès, et qu’il s’était fait un point d’honneur, lors de la concession, de remettre le train en état. On a vu qu’il y a parfois une distance entre la volonté et les moyens.

Quoi qu’il en soit, cet accord avec l’actionnaire principal de Transrail devrait permettre aux deux pays d’accélérer la remise en état du chemin de fer. Comme dit le 10 décembre dernier, les deux pays étaient déjà tombés d’accord avec la banque chinoise de promotion des investissements, Eximbak China, avec laquelle elles ont signé un contrat de financement pour la réhabilitation de ce chemin de fer.

On sait que pour le tronçon sénégalais, qui va de Dakar à Kidira, c’est plus de 1500 milliards de francs Cfa que les Chinois sont disposés à accorder, Les choses vont de la même manière du côté malien.

Parmi les points de friction, qui sont en train d’être réglés par les techniciens des trois parties, chinoise, sénégalaise et malienne, il y a le format des rails. Les Chinois, et on les comprend quelque peu, proposaient un train du modèle que l’on trouve dans leur pays, arguant que ce serait plus rapide et plus facile à réaliser.

Les Séné­galais, suivis en cela par les Maliens, veulent de leur côté un chemin de fer qui réponde aux normes internationales reconnues. Cela, pour éviter un face à face qui pourrait à la longue, devenir coûteux, avec les Chinois. L’idée est d’éviter que les deux pays ne soient obligés, s’ils se conformaient aux desiderata des Chinois, de recourir uniquement à Beijing pour tous les travaux de rehabilitation et de maintenance, ou pour l’achat des pièces de rechange.

Les Chinois ont voulu insister en disant que si le coût de la réalisation était aussi abordable, c’état aussi parce qu’il a été tenu compte du modèle d’écartement. Argu­ment que le ministre Mansour Elimane Kane aurait balayé en soulignant que de toute façon, le financement était un prêt qu’il faudrait tôt ou tard rembourser. Dans ces conditions, qu’il serve au moins à réaliser ce qu’il y a de meilleur pour le pays.

Volonté de rester dans le capital : Jaber préparerait le rail du futur
Certains interprètent la volonté de Jaber de rester dans le capital de Transrail, même en forte minorité, comme une manière de préparer l’avenir.

En effet, les Chinois n’étant pas intéressés par une formule d’exploitation Partenariat public-privé (Ppp) ou Build operate transfer (Bot), le Franco-Sénégalo-Libanais se positionnerait ainsi pour l’avenir, en se disant que tôt ou tard, les deux Etats souhaiteraient se retirer, en arguant qu’il n’est pas de la vocation des Etats de manager un chemin de fer.

Etant déjà dans l’actionnariat, il lui sera alors facile de refaire une offre pour la nouvelle compagnie réhabilitée, et qu’il pourrait encore reprendre. Mais tout cela, à ce niveau, n’est encore que spéculation.

Mohamed GUEYE

mgueye@lequotidien.sn

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