TRAQUE DES BIEN MAL ACQUIS-AFFAIRE HABRE Me Sidiki Kaba à l’épreuve

On connaît désormais la composition du deuxième gouvernement sous l’ère Macky Sall, (Macky II). Cette équipe chargée de concrétiser le «yoonu yokkute» qui tarde à se refléter dans le vécu quotidien des Sénégalais est pilotée par Aminata Touré dite «Mimi». La désormais ex-ministre de la Justice, garde des Sceaux cède le portefeuille qu’elle occupait dans le gouvernement précédent à un homme du sérail, Me Sidiki Kaba, un avocat militant des droits humains.me_sidikikaba

Le nouveau patron du département de la Justice sénégalaise, garde des Sceaux, hérite de plusieurs dossiers chauds et brûlants. En plus de la poursuite du projet de réforme de la carte judiciaire et des dispositions statutaires des magistrats, dans le cadre de la phase II du Projet d’appui au Programme sectoriel Justice (P.A .P.S.J), Me Sidiki Kaba aura en charge la traque des biens supposés mal acquis. Même si certains s’interrogent quant à l’issue qui sera réservée à ce dossier, d’autres voient, à travers la nomination de Me Sidiki Kaba, une personnalité «neutre» au ministère de la Justice, une volonté de Macky Sall de «dépolitiser» cette affaire. N’empêche, il y a des personnes qui, partant du caractère posé du nouveau ministre, émettent de réserves quant à la poursuite des «pilleurs de deniers publics». «Qu’est-ce qui sera réservé à la traque des bien mal acquis ? Ne s’achemine-t-on pas vers un enterrement de ce dossier qui pourtant est une demande sociale. Macky n’est-il pas en train de mettre un peu d’eau dans son vin ?», s’interrogent-ils.

Ces derniers fondent leurs inquiétudes sur le fait  que Me Sidiki Kaba est l’un des avocats de Ibrahim Khalil dit «Bibo» Bourgi poursuivi dans le cadre de la traque des biens mal acquis. Il a même eu à dénoncer des cas d’atteinte aux droits de l’homme surtout que son client a eu de sérieux ennuis de santé, ce qui lui a valu une liberté provisoire sur avis médical donc sa sortie de prison. Toutefois, Me Sidiki Kaba peut facilement se dessaisir du dossier Bibo Bourgi pour être à la disposition de l’Etat comme des avocats ont eu à le faire par le passé notamment Me Madické Niang alors avocat de Hissène Habré qui se retrouve bombardé ministre de la Justice, garde des Sceaux sous l’ère Wade.

Justement, outre le dossier Bibo Bourgi l’ancien président de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), se voit également transférer l’affaire Hissène Habré, du nom de l’ancien président déchu du Tchad poursuivi, pour les délits de «crimes de guerres, crimes contre l’humanité tortures, génocide». Arrêté le dimanche 30 juin dernier et placé sous mandat de dépôt, il attend d’être jugé par les Chambres africaines extraordinaires créées à cet effet au sein des juridictions sénégalaises au terme de l’instruction qui devrait durer plusieurs mois.

Seulement l’avocat, militant et leader dans des organisations de défense des droits de l’homme était auparavant très engagé dans ce dossier  actuellement en instruction et dont l’Etat est quasiment chef d’orchestre, à l’image de l’affaire de la traque des biens mal acqui (Bibo Bourgi) à des degrés différents.

Dans l’affaire Habré, il a fait partie de la coalition des organisations et acteurs de défense des droits de l’homme qui ont mené une campagne internationale pour le jugement de l’ancien président Tchadien en asile au Sénégal depuis plus de 20 ans. Il s’agit, entre autres, de la RADDHO, Amnesty International, Human Right Watch, qui même s’ils crient leur volonté de voir Hissène Habré bénéficier d’un procès équitable, semble déjà condamner le prévenu à travers le discours et le film documentaire réalisé en sa charge.

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