Traque des biens mal acquis, homosexualité, tortures, … : Le Sénégal en examen à Généve

le garde des Sceaux Me Sidiki Kaba
le garde des Sceaux Me Sidiki Kaba

Le Sénégal passera cet après-midi devant le Conseil des droits de l’Homme de l’Onu. Devant l’Examen périodique universelle, il sera question de la traque des biens mal acquis, de la Crei, de l’homosexualité, de la torture dans les centres de détention. S’il arrive à convaincre les 47 Etats membres du Conseil, il y sera réadmis.

L’Examen période universelle (Epu) du Sénégal devant la 17e session du Conseil des droits de l’homme de l’Onu aura lieu ce lundi  à Genève. Prévu dans l’après-midi (15 à 17h), ce passage du Sénégal devant les 47 Etats qui composent ce conseil est très attendu par les autorités qui «afficheront» leurs efforts de défense et de promotion des droits de l’homme «sans tabous».

Ce passage ne fait pas évidemment peur aux dirigeants du pays. Mais, ils seront attendus sur des questions brûlantes qui empoisonnent les relations entre le pouvoir et l’opposition libérale : Il s’agit de la question de la traque des biens mal acquis et aussi de la légalité de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei). Mis en place ou réactivé par le nouveau pouvoir depuis son installation en 2012, ces deux instruments de «lutte contre l’impunité» sont considérés par les Libéraux comme des instruments politiques pour broyer des opposants.

A Genève, le ministre de la Justice, Me Sidiki Kaba, tentera de rallier la communauté internationale à ce combat en «montrant qu’il respecte les droits l’homme» comme le «principe immuable de la présomption d’innocence et des droits de la défense».

Echaudés par cette traque, les Libéraux avaient intenté des actions judicaires au niveau de la Cour de justice de la Cedeao pour annuler les procédures judiciaires engagées par la Crei contre Karim Wade et ses présumés complices mis sous mandat de dépôt pour enrichissement illicite. Dans son document de défense devant l’Epu, les autorités judiciaires mettront l’accent sur la lutte contre l’impunité pour justifier la traque des biens mal acquis.

Par ailleurs, les autorités seront interpellées sur la promotion des droits de l’homme dans un cadre plus global comme les tortures dans les centres de détention, l’homosexualité, les droits des enfants et des femmes. Me Sidiki Kaba sera appuyé dans cette tache par une délégation du ministère des Affaires étrangères et les membres de l’Observateur national des lieux de prévention de liberté (Onlp) du Sénégal dirigé par Boubou Diouf Tall.

Homosexualité

Ce deuxième passage du Sénégal devant l’Epu est programmé après celui de 2009. A l’époque, notre pays a été réélu au Conseil des droits de l’homme après qu’il a accepté trente des quarante recommandations qui ont été proposées lors de sa présentation. Il a été critiqué sur la question de l’homosexualité. Le ministre de la Justice de l’époque, Me Madické Niang, avait soutenu devant le conseil que l’homosexualité n’est pas un délit au Sénégal. Ce sont plutôt les actes contre-nature qui sont incriminés par le Code pénal.

Par ailleurs, le Sénégal confirmera son attachement à la Cour pénale internationale (Cpi) dans un contexte où certains dirigeants africains menacent de se retirer du traité de Rome en  soutenant que la Cpi est réservée exclusivement à la traque des chefs d’Etat du continent. Lors de l’Assemblée générale de l’Onu du 26 septembre, Macky Sall avait réitéré l’attachement du Sénégal à cette juridiction internationale.

L’Examen périodique universel est un processus qui consiste à passer en revue les réalisations de l’ensemble des Etats membres de l’Onu dans le domaine des droits de l’homme. C’est un processus mené par les Etats, sous les auspices du Conseil des droits de l’homme.  Il fournit à chaque Etat «l’opportunité de présenter les mesures qu’il a prises pour améliorer la situation des droits de l’homme sur son territoire et remplir ses obligations en la matière».

L’Epu est présenté comme un «mécanisme central du Conseil des droits de l’homme» conçu pour assurer une «égalité de traitement à chaque pays. Etabli par la résolution 60/251 de l’Assemblée générale des Nations unies, résolution adoptée le 15 mars 2006, il est à l’origine de la création du Conseil des droits de l’homme. Il rappelle aux Etats leur responsabilité de respecter pleinement et de mettre en œuvre tous les droits de l’homme et libertés fondamentales.

Son «objectif ultime» est d’améliorer «la situation des droits de l’homme dans tous les pays et de traiter des violations des droits de l’homme, où qu’elles se produisent». En plus du Sénégal, il est prévu ceux du Nigeria, de l’Arabie Saoudite, du Tchad, entre autres. Dans le cadre de la 17e session du Conseil des droits de l’homme de l’Onu, une dizaine de journalistes venus de pays différents, dont le Sénégal participeront à un atelier de renforcement de capacités sur les droits humains.

bsakho@lequotidien.sn

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by bishba in FAITS DIVERS 0

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