Tribunal: Pourquoi le procès Karim Wade- Alboury Ndao a été renvoyé

6a1984d4691dfc91b8a58693fb8a40c3C’est vers 11 heures que le tribunal correctionnel de Dakar s’est penché ce jeudi 12 février sur le dossier opposant Karim Wade et Pape Alboury Ndao. Dans cette affaire, la partie civile, le fils de l’ancien président de la République Me Abdoulaye Wade, est poursuivi pour délit de faux, usage de faux et tentative d’escroquerie à jugement. Le président dudit tribunal, dans un premier temps, a appelé les deux parties et les témoins à la barre mais, Wade-fils n’était pas présent dans le box des accusés. Ainsi, le substitut du Procureur a demandé de renvoyer l’affaire mais Me Amadou Sall, un des avocats de la partie civile, lui a demandé de patienter un peu car, Karim Wade est en chemin.

Après une demi-heure de patience, le président a invité à nouveau les parties et les témoins à la barre mais l’accusé n’était toujours pas dans la salle. Aussitôt, Me El Hadj Diouf, avocat de Pape Alboury Ndao a demandé la parole pour rejeter et s’opposer à toute forme de renvoi au motif que le jugement a été repoussé à plusieurs reprises et que cela n’arrange pas son client car il travaille à son propre compte. Une demande que le parquet n’a pas pris en compte car le procès a été renvoyé jusqu’au 12 mars prochain afin d’étudier davantage le dossier pour pouvoir faire des réquisitions.

Me El Hadji Diouf : « Ce procès doit être vidé »

Une décision qui n’a pas manqué de susciter quelques remous. Car, au sortir de la salle les souteneurs des deux parties en sont venus aux mains. Très énervés contre Me El Hadj Diouf, les inconditionnels de Wade-fils ont provoqué et hué Pape Alboury Ndao et son avocat. C’est ainsi que Pape Alboury et son garde corps se sont défendus en donnant quelques coups de poing à un cinquantenaire. Mais, les forces de l’ordre sont intervenues pour les séparer.
Me El Hadj Diouf a déclaré à la presse que ce renvoi a été demandé par les avocats de Karim Wade. Pour lui, ce procès doit être vidé car son client n’a pas de temps à perdre et que les 41 milliards FCFA dont il est question existent bel et bien. «Ses militants surexcités n’ont rien compris et veulent mettre la pression sur la justice. Il faut que force reste à la loi», a-t-il soutenu.

Un contre ordre des services de la Présidence de ne pas extraire Karim Wade

Me Ciré Clédor Ly, un des avocats de Karim Wade, quant à lui, a précisé que son client devait venir comparaître à la barre parce que, le Procureur de la République avait accepté de le faire extraire, depuis hier soir (Ndlr : mercredi 11 février) et le régisseur de la prison de Rebeuss en avait bien reçu l’ordre. Mais, ce dernier, au moment où il devait extraire les détenus pour les acheminer au tribunal, dit avoir reçu un contre ordre de l’administration pénitentiaire et du Procureur de la République de ne pas extraire Karim Wade et de rapporter le document dans lequel il est demandé son extraction. Après investigation, l’avocat dit avoir appris que ce contre ordre est venu directement des services présidentiels. Par cet acte, explique-t-il, «le peuple sénégalais doit savoir que l’indépendance de la justice est chimérique dans ce pays et que le dossier de Karim Wade n’est pas un dossier judiciaire mais celui de la Présidence de la République». Selon lui, ce renvoi du parquet s’explique par le respect des directives de la Présidence parce qu’«il ne faudrait pas que Pape Alboury Ndao puisse être entendu et condamner pour faux et usage de faux. Ce qui causerait de sérieux problème à la Crei (Ndlr : Cour de répression de l’enrichissement illicite) qui ne voulait pas équilibrer ce rapport pour condamner Karim Wade». Sous ce rapport, Me Ciré Clédor Ly a souligné que cette situation peut être possible, avant de préciser que, s’il s’avère être une réalité, ils auront toujours la règle de droit pour les attaquer.

Par Seneweb news

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