UE : L'aide aux réfugiés d'Afrique passe-t-elle nécessairement par le suicide de l'Europe ?

Immigration_0001(1)Pour un Européen, il n’est pas question d’oublier les valeurs de charité ou de solidarité, mais il est tout aussi exclu de renoncer à réfléchir par soi-même à la meilleure manière d’agir. « On ne peut tolérer que la mer Méditerranée devienne un grand cimetière », a déclaré le pape François devant le Parlement européen en novembre 2014.

L’Église est dans son rôle lorsqu’elle rappelle le principe chrétien de charité : la charité ou la solidarité, sa version laïque, nous commandent en effet d’aider les populations chassées de leurs pays par les conflits ethniques, la misère et les dictatures.

Mais les choses se gâtent lorsque, quelques mois plus tard, le président de la Commission des épiscopats de l’Union européenne croit bon d’entrer dans le détail : « La réaction des Européens sera un test révélateur pour les valeurs européennes […] L’Europe doit dès à présent œuvrer à trouver des propositions concrètes pour la mise en place d’une politique d’asile et de migration humaine qui soit supportée et mise en application de manière solidaire par tous les États membres de l’Union européenne. »

En détaillant comment mettre en œuvre les valeurs de charité, le clergé sort nettement de son champ de compétences, et il se trompe lourdement lorsqu’il préconise une solution, et une seule – l’accueil sur notre territoire – sans se demander s’il n’existe pas de meilleures alternatives.

Pour un Européen, il n’est pas question d’oublier les valeurs de charité ou de solidarité, mais il est tout aussi exclu de renoncer à réfléchir par soi-même à la meilleure manière d’agir.

L’accueil sur le continent européen est-il une bonne solution ? Non : il ne s’attaque pas aux causes de tous ces exodes, qui vont donc s’amplifier. Il alimente les trafics d’êtres humains. Il jette à la mer, pour des traversées souvent mortelles, toujours plus d’aspirants aux pays de cocagne. Il importe en Europe des querelles étrangères. Il crée sur notre continent les conditions d’une guerre civile, parce qu’une partie de la population musulmane en Europe commence à vouloir changer nos propres codes.

N’existe-t-il pas des solutions meilleures ? Si : sur le long terme, il faudra tôt ou tard se tourner vers les « États faillis » et les « États voyous », à l’origine de ces grandes migrations. À court terme, il est parfaitement possible de mettre en place, sur le continent africain, non pas des camps de toile, mais des territoires d’accueil, financés par la communauté internationale, bâtis, administrés et gérés par les réfugiés eux-mêmes. Une telle opération devra être naturellement supervisée par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), qui ne sortira de sa passivité actuelle que lorsque l’Europe refusera clairement d’endosser le rôle de responsable principal de la crise humanitaire africaine.

Voici qui devrait rassurer doublement l’épiscopat européen : oui, l’Europe peut aider les réfugiés d’Afrique sans se suicider.

Didier Loiseau

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