UKRAINE Il y a un an, Maïdan

1121-MaidanUkraineLe 21 novembre 2013, des manifestants commençaient à protester dans les rues de Kiev contre le gouvernement du président Ianoukovitch et son refus de ratifier l’accord d’association avec l’UE. Un an plus tard, le pays se trouve dans une crise encore plus grave et à l’issue incertaine.

“Euromaïdan – la naissance”. C’est par ce titre qu’Oukraïnska Pravda célèbre le premier anniversaire des événements qui ont bouleversé l’existence de l’Ukraine. Tout a effectivement commencé le 21 novembre 2013. A l’époque, il a suffi d’une étincelle. “La population avait bien assez de raisons d’être insatisfaite, rapporte le quotidien en ligne. Pendant presque quatre ans de règne de son père Viktor, le fils aîné du président, Alexandre, était devenu l’un des hommes les plus riches du pays. La corruption s’aggravait, les petites et moyennes entreprises étouffaient sous le carcan du fisc et des inspections. Quant aux grandes entreprises, elles devaient partager leurs actifs avec les représentants du pouvoir. Mais c’est le refus de ratifier l’accord d’association avec l’Union européenne (UE) qui a fait venir les gens sur la place de l’Indépendance.”

Oukraïnska Pravda, qui propose également un reportage photo des principales étapes du mouvement, rappelle toutefois qu’au début la mobilisation avait été modeste : “Le premier événement a rassemblé 1 500 personnes, principalement des journalistes, des défenseurs des droits civiques et des membres de l’opposition. Puis ils ont été rejoints par des étudiants venus de tout le pays. C’est dans la soirée du 21 novembre que, pour la première fois, les participants ont utilisé sur les réseaux sociaux le terme ‘Euromaïdan’. Sur Twitter, le hashtag s’est répandu comme une traînée de poudre. Dès le 22 novembre, il avait été utilisé plus de 21 000 fois.” La popularité du mouvement a rapidement enflé, au point que “les événements de l’Euromaïdan en 2013-2014 ont mobilisé près de 20 % de la population ukrainienne.”

Un bilan mitigé
Tous les quotidiens consacrent leur première page à l’anniversaire. C’est un “jour de dignité et de liberté”, proclame ainsi solennellement Golos Oukraïny, le quotidien du Parlement qui, il y a un an, n’était probablement pas aussi enthousiaste, puisqu’il était à l’époque proche du gouvernement de Ianoukovitch. Ce qui ne l’empêche pas de se féliciter que “le pays démarre une nouvelle vie avec une ardoise vierge”.

Den, lui, préfère se souvenir “sans nostalgie”. Un an plus tôt, un blogueur écrivait à la rédaction : “Le mal impuni engendre de nouveaux maux – la loyauté des communistes a accouché de l’extrême droite.” Mais le bilan est aujourd’hui plus que mitigé, comme le déclare la chanteuse Rouslana, égérie de l'”Eurorévolution” : “Personne n’a vaincu le système, regrette-t-elle. Il y a toujours des seigneurs féodaux dans ce pays.” Dénonçant l’attitude de Vladimir Poutine qui “croyait que Maïdan était un virus, alors que c’était un remède”, elle estime que “la société a désormais de graves doutes quant au fait que les incendies de pneus [allusion aux barrières de pneus enflammés qu’utilisaient les manifestants pour se protéger des assauts des forces de l’ordre] ont suffi à purifier le pouvoir. De plus, derrière la suie, on voit resurgir le visage de vieux démons”.

La fête est gâchée

A Lviv, Vissoki Zamok veut associer l’Euromaïdan à une autre révolution, “un autre jour de la liberté, célébré le 22 novembre, date du début de la ‘révolution orange'”. Le président Petro Porochenko a d’ailleurs déclaré, dans un discours officiel : “Nous n’avons pas eu une, mais deux révolutions – en 2004, qui a été la fête de la liberté, en 2013, qui a été la révolution de la dignité.” Espreso TV, chaîne de télévision en ligne justement née durant les événements de novembre 2013, propose elle aussi une série de photos des deux révolutions, sous le titre : “Les Maïdan de l’Ukraine”.

L’euphorie n’est pourtant pas au rendez-vous. En effet, comme le souligne Oukraïnska Pravda, pendant les commémorations, “la Russie a repris ses tirs d’artillerie contre le territoire ukrainien”. “D’après le Conseil de la sécurité nationale, c’est la première fois depuis la conclusion des accords de Minsk que des tirs ont été de nouveau enregistrés depuis la Fédération de Russie en direction de positions ukrainiennes.”

Car le prix à payer pour la “révolution de la dignité” a été l’annexion de la Crimée et les combats dans le Donbass. La fête est gâchée et, comme le dit Rouslana : “Nous devons nous préparer à la prochaine épreuve.”

Courrier International

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