Un blogueur condamné à mort en appel

Une cour d’appel en Mauritanie a confirmé la condamnation à mort d’un blogueur accusé de blasphème.

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Image captionLe président mauritanien Ould Abdel-Aziz

Mohamed Cheikh Ould Mohamed a été arrêté il y a deux ans pour un article critiquant sur internet l’utilisation de la religion comme un moyen de discrimination.

Il y avait des célébrations publiques en Mauritanie quand il a été condamné à mort.

L’affaire a été renvoyée à la Cour suprême parce que le blogueur a présenté ses excuses.

Le tribunal peut abroger la peine.

M. Ould Mohamed est détenu depuis le 2 janvier 2014 pour un article sur internet considéré comme blasphématoire envers le prophète.

En première instance, la Cour criminelle de Nouadhibou l’a reconnu coupable d’apostasie et condamné à mort le 24 décembre 2014.

“Les avocats de la partie civile ont demandé à la Cour la confirmation de la peine de mort prononcée en première instance”, tout comme le procureur, a indiqué la première source judiciaire.

RepentirSelon elle, M. Ould Mkheitir est apparu “serein”, il “a reconnu sa responsabilité s’agissant de l’article incriminé, dont le juge a fait lecture de certains passages en début d’audience, mais il a exprimé son repentir de tout ce qu’il a pu écrire”.

La défense a insisté sur son repentir, a souligné la source judiciaire locale, précisant que “la salle était pleine mais la pression sensiblement moins forte à l’audience et autour du palais de Justice qu’en première instance”.

L’organisation Amnesty International a appelé jeudi dans un communiqué à l’annulation de la condamnation du blogueur et sa libération sans condition.

La peine capitale prononcée “pour avoir écrit un billet de blog critiquant ceux qui utilisent la religion à des fins de discrimination est injuste”, a déclaré Gaëtan Mootoo, spécialiste de l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International.

Pour l’ONG, Cheikh Ould Mohamed “est un prisonnier d’opinion, uniquement emprisonné pour avoir exercé de manière pacifique son droit à la liberté d’expression”.

En première instance, il avait plaidé non coupable et expliqué qu’il n’avait pas l’intention de critiquer le prophète, mais de défendre une composante sociale “mal considérée et maltraitée”, la caste des forgerons (“maalemine”), dont il est lui-même issu, traditionnellement au bas de l’échelle sociale.

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