LES 7396 VICTIMES RÉCLAMENT LEUR 82 MILLIARDS À HABRÉ

L’Association des victimes des crimes du régime de Hussein Habré a levé le ton. Elle est montée au créneau pour rappeler les sévices que ses membres ont subi durant le règne de l’ancien président tchadien, condamné aux travaux forcés à perpétuité par les Chambres Africaines Extraordinaires.

« Nous ne souhaitons à quiconque, pas même à Hussein Habré, de subir ce que nous avons subi dans les prisons de sa police politique. Là-bas, il n’y avait ni médicaments ni médecins pour les détenus. Le taux de mortalité dans les prisons de Habré était entre 90 et 400 fois plus élevé que le taux de mortalité normal au Tchad », rappelle l’association dans un communiqué transmis à emedia.sn.

Selon les membres de cette association, si Hussein Habré est vraiment malade, il a le droit d’être soigné correctement. Cependant, ils rappellent que Habré avait déjà prétendu avoir eu une crise cardiaque cinq semaines avant l’ouverture de son procès. « En réalité, il n’en était rien. C’était une ruse pour éviter son jugement. Cette fois, la ruse sert-elle pour la demande de grâce ? Une telle grâce est de toute façon interdite par l’article 26 alinéa 3 du Statut des Chambres », ont expliqué les victimes.

Avant d’ajouter : « Nous voulons rappeler au monde entier que les Chambres ont ordonné à Habré de payer 82 milliards de francs CFA aux 7 396 victimes désignées. A ce jour, il n’a toujours pas versé un seul centime aux victimes ».
En outre, ils soutiennent que de très nombreuses victimes vivent dans la précarité et sont dans une situation désespérée. D’autres sont décédées depuis ce jugement historique, et ne recevront jamais la juste indemnisation de leurs souffrances reconnues par la justice après 25 ans de combat judiciaire.

« Il est légitime de penser à la santé de Hussein Habré, et nous sommes les premiers à y penser, pour avoir l’assurance qu’il effectue réellement la peine de prison à laquelle la justice l’a condamnée. Il ne faut cependant pas oublier de penser aussi à nous, victimes, qui attendons toujours de lui qu’il nous indemnise », ont expliqué les victimes.

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