Crise économique au Liban : “Les politiques ne voient pas qu’on a faim”




Crise économique au Liban : "Les politiques ne voient pas qu'on a faim"
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La colère populaire continue de s’exprimer contre le secteur bancaire au Liban, pays englué dans une crise économique. De plus en plus précarisés, les seniors libanais constituent désormais l’une des catégories les plus vulnérables du pays. Pour palier à l’absence de l’État, de nombreuses intiatives citoyennes se mettent en place.

Khalil a passé trois mois dans la rue. Ce professeur d’anglais à la retraite a dû abandonner son domicile, après s’être retrouvé dans l’incapacité de payer son loyer. “Je me suis retrouvé à la rue. Il faisait froid. Et j’ai eu peur de mourir dans la rue. Je restais réveillé la plupart du temps, je lisais, j’écrivais des poèmes juste pour rester réveillé. C’était une véritable agonie”, explique Khalil à France 24.

Comme Khalil, de nombreux seniors libanais qui ont travaillé toute leur vie se retrouvent dans une grande précarité. Pour faire face à cette paupérisation rapide de la société, les initiatives d’entraide et de solidarité se multiplient. L’association Liban Troc, par exemple, permet aux citoyens de créer, via les réseaux sociaux, de vastes chaînes d’échange de vêtements, de nourriture ou de services. Grâce à la mobilisation des internautes, Liban Troc a pu aider sept sans-abri, dont Khalil, à retrouver un logement.

Solidarité citoyenne

À 73 ans, Marie vit elle aussi dans une situation difficile. Pour subvenir à ses besoins, elle vient se ravitailler à Beit el-Baraka, un supermarché gratuit à Beyrouth. “La situation est pire maintenant. Aucun politicien n’agit de manière responsable. Nous n’existons pas à leurs yeux. Ils ne voient pas ceux qui ont faim. Comment les propriétaires peuvent-ils encore demander des loyers alors que plus personne ne travaille ?”, confie-t-elle.

Pour Maya Ibrahimchah, la directrice de Beit el-Baraka, il faut en priorité venir en aide aux retraités issus du secteur privé, dont les pensions sont particulièrement maigres. “Si c’est un fleuriste ou une prof d’école dans une école privée, vous allez vous rendre compte qu’ils arrivent à un âge où ils n’ont plus de quoi s’occuper d’eux-mêmes”, explique-t-elle.

Les seniors libanais constituent désormais une des catégories les plus vulnérables du pays. À l’heure où la crise économique enfle, ils ne peuvent compter que sur la générosité de leurs concitoyens, l’Etat étant aux abonnés absents.