Irak : heurts entre manifestants et partisans du leader chiite Moqtada al-Sadr

Après quatre mois de contestation en Irak, les manifestants qui soutiennent Mohammed Allawi, le Premier ministre tout juste désigné et soutenu par le leader chiite Moqtada al-Sadr, font face à ceux qui le rejettent. Mardi, Sadr a appelé ses partisans à ne pas s’en prendre aux contestataires.

Le leader chiite irakien Moqtada al-Sadr a rappelé ses partisans à l’ordre, mardi 4 février, au lendemain de la mort d’un protestataire anti-pouvoir dans des heurts entre les deux camps qui fracturent désormais la contestation en cours en Irak depuis début octobre.

Ce manifestant a succombé à des blessures au couteau après une attaque menée par des “casquettes bleues” – les sadristes –, à al-Hilla, au sud de Bagdad, selon des sources médicales et policières.

Dans une volte-face récente, Moqtada al-Sadr a décidé de soutenir Mohammed Allawi, le Premier ministre tout juste désigné que la rue rejette parce qu’il a été deux fois ministre d’un système qu’ils veulent revoir de fond en comble.

Mardi, sur Twitter, il a appelé ses partisans à ne pas s’en prendre aux manifestants antipouvoir : “le devoir des casquettes bleues est de protéger les écoles et les administrations pacifiquement… pas de me défendre et de réprimer les voix qui scandent des slogans qui me sont hostiles”.

“On veut un pays libéré de la corruption et du confessionnalisme”

Le même jour à Diwaniya (sud), de jeunes manifestants antigouvernementaux en sont venus aux mains, avant d’être séparés par des policiers, a rapporté un correspondant de l’AFP. Les jeunes manifestants ont ensuite scandé des slogans hostiles à Moqtada al-Sadr. Ils ont aussi conspué les autorités et le grand parrain iranien, voisin influent et accusé par la rue de tirer les ficelles à Bagdad.

Toujours à Diwaniya, paralysée depuis des mois par un mouvement de désobéissance civile, comme de nombreuses villes du sud de l’Irak, des membres des forces de sécurité étaient déployés devant les écoles et les administrations pour empêcher les piquets de grève qui les maintenaient jusqu’alors fermées.

Des élèves se sont présentés le matin, a indiqué le correspondant de l’AFP, alors que le ministère de l’Intérieur avait annoncé lundi soir avoir ordonné ce déploiement policier. À Diwaniya, comme à Nassiriya (sud), où toutes les écoles ont rouvert selon un responsable local, des centaines d’étudiants continuaient toutefois de manifester.

“On est déterminés à poursuivre notre mouvement pacifique parce qu’on veut un pays libéré de la corruption et du confessionnalisme”, affirme à l’AFP Hamad Ali, étudiant à Nassiriya.

Le nouveau Premier ministre, Mohammed Allawi, a jusqu’au 2 mars pour constituer un gouvernement et obtenir la confiance du Parlement dans un pays en pleine tourmente sociale et politique.

Avec AFP

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