VIDEO/”L’AFRIQUE DOIT PARTICIPER AUX ESSAIS SUR LE VACCIN ANTI-CORONAVIRUS”




Covid-19, Covid-Organics, artémisia : «La recherche en Afrique ne joue pas encore en 1ère division»
Watch this video on YouTube.
Voir la vidéo sur YouTube

Si elle ne veut pas être marginalisée, l’Afrique devra participer aux essais pour trouver un vaccin contre le Covid-19. Malgré son sous-équipement et l’exode des cerveaux, la recherche africaine a intérêt à mettre en avant sa phytothérapie, a plaidé au micro de Sputnik France le professeur Ndeye Coumba Touré Kane, une virologue spécialiste du VIH.

On se souvient de l’indignation suscitée par les propos échangés, le 1er avril dernier sur la chaîne LCI, entre Camille Locht, directeur de recherche à l’Inserm à Lille (nord de la France), et Jean-Paul Mira, chef de service de médecine intensive et réanimation à l’hôpital Cochin. Parlant de recherches menées autour du vaccin BCG contre le Covid-19, les deux Français avaient évoqué la possibilité d’essais cliniques en Afrique, à l’instar de ce qui avait été fait sur des travailleuses du sexe pour le vaccin contre le sida.

Regrettant que de tels «propos racistes ne font rien avancer», le directeur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait aussitôt rétorqué que l’Afrique «ne sera un terrain d’essai pour aucun vaccin». Au-delà de cette polémique, la question de la participation de l’Afrique n’en est pas moins posée. D’autant que des essais sont déjà prévus en Europe et en Australie, selon l’Inserm, et que plus de 100.000 Américains se sont portés volontaires dans les régions les plus touchées aux États-Unis.

Car même s’ils peuvent difficilement rivaliser avec les moyens déployés par les grands laboratoires pharmaceutiques du Nord, les instituts de recherche africains ont tout intérêt à participer aux essais sur ce futur vaccin, y compris sur des humains. D’autant que malgré un sous-équipement médical chronique et la fuite des cerveaux, le continent –qui regorge de plantes médicinales–, a des atouts à faire valoir à condition de mettre en place des protocoles et les essais cliniques qui vont avec.

Invitée Afrique de Sputnik France, le 20 mai, aux côtés du professeur Aimé Bonny, un cardiologue camerounais qui a alerté sur le protocole élaboré par le Pr Didier Raoult, et du docteur congolais Jérôme Munyangi, qui coordonne la task force «Artemisia for Africa», le Pr Ndeye Coumba Touré Kane, virologue sénégalaise, spécialiste du VIH-Sida, a insisté sur la nécessité pour le continent de ne pas s’exclure de cette compétition mondiale dans la course au vaccin contre le SARS-CoV-2, responsable de la maladie du Covid-19.  

Pour cette titulaire de la chaire bactériologie-virologie à la faculté de médecine de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, qui dirige le laboratoire de bactériologie-virologie-biologie moléculaire du centre hospitalier universitaire Dalal Jam de Dakar, rester en dehors des essais serait, en effet, contre-productif. Par ailleurs, directrice scientifique et responsable de la plateforme de biologie de l’Institut de recherche en santé de surveillance épidémiologique et de formation (Iressef), le professeur Ndeye Coumba Touré Kane a également son mot à dire en tant que conseillère technique numéro un du ministre sénégalais de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

«C’est bien beau de dire qu’il faut de l’équité quand le vaccin sortira afin qu’il soit disponible pour tous. Mais si l’Afrique ne veut pas être marginalisée, elle devra participer aux essais. Car là, nous pourrons avoir notre mot à dire sur sa véritable efficacité. D’autant qu’il nous sera possible ainsi de comparer différents terrains, chez nous, avec des fonds génétiques différents», a déclaré au micro de Sputnik France le professeur Ndeye Coumba Touré Kane.

Même si, pour l’instant, «personne n’a trouvé l’anticorps miracle», selon la virologue sénégalaise, l’Afrique, qui regorge de plantes aux vertus médicinales connues depuis des millénaires, pourrait constituer un réservoir inépuisable contre les coronavirus, à condition de «booster» le développement d’une recherche endogène à partir de sa pharmacopée traditionnelle.

Lire la suite en cliquant ici