Viol par “un migrant” à Calais : Marine Le Pen tente de récupérer l’affaire

En grande difficulté depuis la présidentielle, Marine Le Pen mise sur les fondamentaux du Front national – l’insécurité et l’immigration – pour tenter de reprendre la main, aussi bien médiatiquement que politiquement.

Jeudi 2 novembre, la présidente du FN s’est rendue à Calais afin de visiter un commissariat de police et surtout s’exprimer sur la question des migrants. Au cours de ce déplacement – le cinquième dans cette ville en trois ans – elle s’est notamment saisie d’un récent fait-divers, accusant le gouvernement “d’exiger du parquet d’étouffer” une affaire de viol survenue lundi à Calais, dans laquelle un migrant érythréen a été mis en examen.

“Je suis venue pour dénoncer les violences dont les femmes font l’objet de la part d’un certain nombre de migrants”, a-t-elle dit avant d’entrer dans le commissariat de Calais. “Je veux mettre la lumière sur la multiplication des crimes qui se révèlent dans notre pays, qui sont le fait de migrants” et “qui, manifestement, encore une fois, sont minimisés”, avait-elle déjà prévenu, quelques heures avant de se rendre dans le Pas-de-Calais.

“Expulser, c’est protéger”

Le fait-divers évoqué par Marine Le Pen remonte à lundi soir. Une jeune femme travaillant dans un hôtel de Calais a été agressée et violée alors qu’elle rentrait chez elle. L’agresseur l’a menacée d’un couteau, l’a traînée dans des bosquets, puis l’a violée, selon une source policière interrogée par l’AFP. Un Erythréen de 22 ans a été interpellé le lendemain, et mis en examen pour viol avec arme jeudi soir, a indiqué le parquet de Boulogne-sur-Mer. Il a reconnu les faits. Il a été placé en détention provisoire à la maison d’arrêt de Longuenesse (Pas-de-Calais), a précisé le parquet.

Venue manifester son soutien aux forces de l’ordre, “dernier maillon d’une chaîne de commandement défaillante qui fabrique de l’échec dans la lutte contre l’immigration”, Marine Le Pen s’est longuement exprimée sur cette affaire de viol, rejetant les accusations de récupération politique.

“Une jeune femme a été violée par un migrant, une de plus”, a dit Marine Le Pen qui a accusé le parquet de vouloir “étouffer l’affaire”. Selon elle, “ce type de crime s’est multiplié ces derniers mois dans l’indifférence générale” et il faut “expulser les clandestins” pour “protéger les Français”. La présidente du Front national a poursuivi :

“Si le parquet veut étouffer l’affaire, évidemment, puisqu’il est un instrument politique, il peut le faire, mais moi, mon rôle de députée, c’est de défendre la vérité.”

“Les réserves exprimées par le parquet n’avaient pas lieu d’être”, a-t-elle poursuivie. “J’ai l’impression qu’il y a une gêne quand il s’agit d’un crime commis par un migrant, on ne veut pas trop le dire. On a peur de quoi ? On a peur de la vérité ?”.

Sans surprise, la présidente du Front national s’est, en revanche, montrée moins sensible aux conditions de vie des migrants. Interrogée sur le rapport du ministère de l’Intérieur qui pointe de plausibles abus chez les forces de l’ordre, Marine Le Pen a souligné “le manque de preuves” versées aux conclusions des différentes inspections, rapporte “la Voix du Nord”.

“Mon ennemi a fait de Calais son terrain de jeu”

La visite de Marine Le Pen et l’instrumentalisation politique de cette affaire de viol n’ont pas vraiment été du goût de la maire de Calais, Natacha Bouchart (LR), qui tenait au même moment une conférence de presse à la mairie sur le même sujet. L’édile a dénoncé une “récupération politique” :

“Mon ennemi a fait de Calais son terrain de jeu. Elle est en train de vouloir se refaire une santé personnelle, une santé pour son parti puisque qu’elle ne sait vivre qu’à travers les problématiques de migrants, les problématiques policières.”

La maire de Calais, qui a rencontré jeudi matin la victime du viol, s’est néanmoins elle aussi saisie de cette affaire pour mettre en cause l’Etat concernant la présence migratoire dans la ville. “Malheureusement, en dépit des alertes fréquentes écrites que j’ai pu faire aux différentes autorités, ce drame est arrivé. Cet événement représente le jour de trop, ça suffit, on n’en peut plus… Nous avons atteint un point de non-retour”, a-t-elle insisté, estimant que “les violences de migrants étaient de plus en plus nombreuses”. “J’avais alerté tout le monde, j’avais peur qu’un drame arrive. Mais les autorités n’ont pas pris en compte mes propos”, a-t-elle martelé.

“Nous avons actuellement 6 compagnies de force de l’ordre, soit de 400 à 450 hommes. Pour protéger quoi ? Le tunnel, le port, la rocade et empêcher les squats. Mais il n’y a personne pour protéger la population”, a dénoncé l’élue, appelant le gouvernement à des décisions fortes : “Une présence pérenne des forces de l’ordre, la prise d’empreinte obligatoire pour les migrants et le placement dans des centres fermés de ceux qui refusent l’aide de l’Etat.”

S.B. (avec AFP)

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