XVème Sommet de la Francophonie : Qui pour succéder à Diouf ?

Ibrahima Sene Pit BbyLa succession de Diouf est devenue un problème, dès lors que la France et le Canada, malgré le déplacement de Hollande dans ce pays, n’ont pas trouvé un consensus sur le remplaçant.

La France avait jeté son dévolu sur Diouf au détriment de Boutros Ghali, avec le soutien du Canada, pour le récompenser des services inestimables qu’il lui a servis dans tous les fronts, y compris militaires en Afrique, que les Chefs de l’Etat Français lui ont demandés, y compris dans « l’opération turquoise » de triste mémoire pour exfiltrer les génocidaires au Rwanda.

Cette promotion de Diouf illustrait la perception que l’opinion africaine se faisait de la Francophonie, comme étant un instrument au service des intérêts géostratégiques de la France en Afrique.

C’est cette perception qui est à la base des démissions de la Francophonie, dès qu’un pays se trouve en conflits d’intérêts avec la France, même s’il n’a aucun contentieux avec l’organisation de la Francophonie.

Ce comportement vis-à-vis de la Francophonie est récemment illustré par la démission du Rwanda, qui a rejoint le Commonwealth, pour protester contre le rôle qu’il a attribué à la France dans le génocide Rwandais.

Cependant, des pays non africains ont vu dans la Francophonie, un instrument pour s’opposer à la politique hégémonique des USA et du Royaume Uni, pour imposer l’Anglais et la culture qu’il véhicule, comme l’unique langue internationale, à l’image du dollar dans les transactions économiques.

Même certains peuples, comme le peuple Palestinien, en quête de reconnaissance internationale, frappe à la porte de la Francophonie, qui malgré les valeurs qu’elle prétend promouvoir, tarde encore à l’accepter dans ses rangs.

C’est donc cette Francophonie en pleine mutation qui est arrivée à son Sommet de Dakar, sans que les deux principaux bailleurs ne s’accordent sur le devenir de cette mutation dans un contexte où la France, en pleine crise économique et financière, a dû réduire de 20% sa participation à son budget de 2014.

Le maintien de la candidature du Canada, devant les tergiversations de la France qui peine à promouvoir un consensus sur un candidat africain qui ferait son jeu, a mis le XVème Sommet de Dakar, dans un flou artistique jusque durant son ouverture officielle, quant à la succession de Diouf.

Ce malaise, diplomatiquement géré, fait que du nouveau Secrétaire Général de la Francophonie, dépend sa crédibilité ultérieure. C’est avec son choix que l’opinion sera édifiée si elle reste un instrument de la géopolitique africaine de la France, ou un instrument de résistance des peuples non anglophones.

Ibrahima SENE PIT/SENEGAL

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