Yannick Noah se dit victime d'un "déferlement de haine et de vomi"

yannick-noah-colere-2880467-jpg_2515729_652x284Le chanteur engagé ne compte pas renoncer à ses combats malgré les violentes réactions à son endroit. Au nom de sa dignité et de ses enfants.

Toujours debout, toujours déterminé, même si ses idées sont à contre-courant d’une France qu’il a de plus en plus de mal à reconnaître. Yannick Noah continuera son combat contre l’extrême droite, il l’a dit et répété devant l’animatrice Alessandra Sublet, dans l’émission Un soir à la tour Eiffel, sur France 2, mercredi soir. Et ce, même s’il doit en payer le prix fort. “Quand je me suis engagé auprès de Ségolène Royal, j’étais allé chanter au stade Charléty, on m’avait conseillé de ne pas le faire. On disait : Yannick, tu rassembles, ne te mêle pas de ça… Et je l’ai fait quand même. J’assume complètement, et je continue. Parce que, là, on parle du Front national, ça va beaucoup plus loin, c’est encore pire !”

Dans son dernier album, Combats ordinaires (Sony), il a sorti l’artillerie lourde contre le parti de Marine Le Pen, notamment à travers sa chanson “Ma colère”. Une prise de position courageuse mais clivante qui lui a valu “un déferlement de haine et de vomi, notamment sur les réseaux sociaux”. Le grand public, lui, ne l’a pas suivi dans cette voie : après un démarrage décevant, son album plafonne à 100 000 exemplaires, un échec pour un chanteur de son envergure, et sa tournée fait plus difficilement salle comble que les précédentes. “Oui, je vends moins de disques, reconnaît l’artiste devant Alessandra Sublet, mais ce n’est pas très grave. Il y a la dignité, quoi.” Pour lui, cette prise de position allait de soi, surtout vis-à-vis des siens. “Qu’est-ce que je laisse à mes enfants ?” s’interroge-t-il, avant d’imaginer d’éventuels reproches qu’il pourrait entendre en cas de démission : “Papa, qu’est-ce qu’il a fait quand ça se barrait comme ça en sucette ? Qu’est-ce qu’il a dit ? Je suis très fier de ça, mais c’est un prix à payer. On me dit : Avant, toutes tes salles étaient pleines, et aujourd’hui, elles sont moins pleines. Mais, au moins, les gens qui sont là, ils sont là pour de vrai. C’est la qualité qui compte.”

La solitude d’un combattant

Le chanteur semble, en revanche, un peu déçu de se retrouver seul dans cette croisade. On devine même une amertume envers des politiques jadis soutenus qui seraient aujourd’hui aux abonnés absents. “Ce qui m’a le plus choqué, ce n’est pas tellement le dégueulis qu’on m’a balancé sur la figure, explique-t-il, c’est le manque de réaction de la part de gens que j’imaginais faire partie de mon équipe. Officiellement, il y a eu très peu de réactions, ça m’a un peu surpris, donc, maintenant, je serre les miches… Vous savez, dans les dîners, les gens vous racontent des choses, mais prendre position officiellement, s’engager, c’est autre chose.” Alessandra Sublet lui fait alors remarquer que pas mal d’artistes ont répondu présents et figurent sur son clip “Ma colère”, comme Cali, Grand Corps Malade, Éric Cantona ou encore Chantal Lauby… “Il aurait pu y en avoir d’autres, répond laconiquement Yannick Noah, mais certains ne se mouillent pas. Chacun fait comme il veut.”

Pas question pour autant de baisser la garde ou de renoncer à dénoncer une dérive qu’il ne supporte plus. “Je vois des gens à la télévision qui disent des choses assez hallucinantes, et qui sont même de plus en plus populaires, ça me glace le sang parce que je me sens violé, rejeté personnellement. Je me dis que si je le ressens comme ça, moi, avec mon parcours (…), il faut imaginer ce que les enfants doivent ressentir, ils sont rejetés. C’est assez inquiétant, mais j’ai la foi, je pense qu’on va se réveiller.”

Le Point

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