Yémen : rebelles houthis et forces loyalistes s'engagent à respecter le cessez-le-feu

yemenLes forces loyalistes et les rebelles chiites houthis se sont engagés à respecter le cessez-le-feu entré en vigueur dimanche à minuit au Yémen. Cette trêve, à l’initiative de l’ONU, devrait permettre de relancer des pourparlers de paix.

Les forces loyalistes et les rebelles chiites Houthis se sont engagés à respecter le cessez-le-feu entré en vigueur dans la nuit du dimanche 10 avril au lundi 11 avril (21h GMT) au Yémen. Citées par un communiqué publié par l’agence de presse Saba, les deux parties ont assuré avoir remis à l’ONU une lettre portant leur engagement “à cesser les opérations militaires terrestres, maritimes et aériennes” sur l’ensemble du Yémen.

“Le cessez-le-feu est entré en vigueur et nous allons le respecter […], à moins que les rebelles Houthis le violent”, a déclaré le chef d’état-major des forces loyalistes, le général Mohamed Ali al-Makdashi, premier du côté du gouvernement reconnu par la communauté internationale à annoncer l’entrée en vigueur du cessez-le-feu.

>> À lire sur France 24 : “La guerre oubliée du Yémen, entre crise humanitaire et péril jihadiste”

Le médiateur de l’ONU au Yémen Ismail Ould Cheikh Ahmed a salué la cessation des hostilités et a exhorté les belligérants et la communauté internationale à “rester déterminés à la soutenir”. Cette trêve “est essentielle, urgente et indispensable”, a-t-il annoncé dans un communiqué dimanche. “Le Yémen ne peut pas se permettre de perdre davantage de vies”.

Pourparlers du 18 avril

De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Abdel Malak al-Mekhlafi, a indiqué que le gouvernement du président Hadi avait donné des “garanties à l’ONU pour le maintien de la trêve”. Il a souhaité que cette dernière puisse favoriser l’acheminement d’aides humanitaires aux civils et contribuer au succès des pourparlers politiques à Koweït.

L’ONU, à l’initiative de cette trêve, souhaite organiser des pourparlers de paix à partir du 18 avril à Koweït pour trouver une solution politique au conflit qui a fait quelque 6 300 morts, des civils pour la moitié depuis mars 2015, selon les Nations unies.

>> À lire sur France 24 : La coalition de l’Arabie saoudite a tué deux fois plus de civils que les autres forces au Yemen

Le Yémen, pays pauvre de la Péninsule arabique, est en proie au chaos depuis la montée en puissance des Houthis qui contrôlent la capitale Sanaa et une bonne partie du nord et de l’ouest du Yémen.

Les Houthis, alliés à des unités de l’armée restées fidèles à l’ex-président Ali Abdallah Saleh, ont fait leur entrée dans la capitale en septembre 2014. Six mois plus tard, l’Arabie saoudite voisine, sunnite, intervenait à la tête d’une coalition militaire arabe pour soutenir le président Abd Rabbo Mansour Hadi face au camp rebelle, accusé de liens avec l’Iran.

“Se réserver le droit de riposter”

Des sources militaires loyalistes ont accusé les Houthis d’avoir déjà violé la trêve à Taëz, grande ville du sud-ouest du Yémen, mais les incidents signalés ne semblent pas remettre en cause de manière sérieuse le cessez-le-feu.

Avant même l’entrée en vigueur de la trêve, la coalition arabe menée par Ryad a indiqué qu’elle allait respecter le cessez-le-feu, à la demande du président Hadi. Mais “elle se réserve le droit de riposter” à toute attaque des rebelles, a-t-elle indiqué dans un communiqué publié à Ryad.

Cette nouvelle trêve a plus de chances de tenir que les précédentes, estiment des experts. Houthis et Saoudiens ont échangé en mars des prisonniers après des pourparlers inédits sur une trêve humanitaire à la frontière.

De nombreux Yéménites, déçus par les précédents échecs, restaient eux sceptiques sur une véritable cessation des hostilités.

Avec AFP

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*