Y’EN A MARRE : Attention Au Danger De L’institutionnalisation ! (Par Momath Ndiaye)

yen a marre reuhIl est de coutume, lorsque l’on évoque un sujet afférent à la fameuse structure, connue sous le nom évocateur de « Y’EN A MARRE », que beaucoup s’attendent à ce que l’on jette des pierres dans son jardin. Ceux là seront certainement déçus puisque, loin de nous, l’idée de stigmatiser les acteurs de cette organisation. Cette contribution qui se veut objective, loin s’en faut, a pour but d’inviter les uns et les autres, notamment les membres de cette formation, à réfléchir sur une question qui nous parait, somme toute, essentielle.

Nous ne pouvons toutefois exposer notre réflexion, sans affermer, auparavant, le patriotisme et le courage des membres de cette structure. Ils ont su, dans un contexte difficile et avec des moyens négligeables, faire face à un régime cabochard. Leur message et leur détermination, ont permis de réveiller une véritable conscience citoyenne chez les jeunes et les moins jeunes.

En érigeant la défense du bien public au rang des principes hiératiques qui constituent les raisons d’être de leur combat, ils ont permis à beaucoup de gouvernants, pour ne pas dire tous, de prendre conscience, non seulement, du caractère sacré du patrimoine commun, mais aussi de leur obligation de le préserver soigneusement. De ce fait, si leur abnégation a assurément contribué au départ d’Abdoulaye Wade, elle laisse voir, surtout, que désormais, rien ne sera comme avant ! Bravo Messieurs, Dames !

Cependant, nonobstant les vertus que l’on peut reconnaitre à cet organisme, il nous semble que son institutionnalisation peut s’avérer pernicieuse pour sa survie. Nous entendons par institutionnalisation le fait de mettre en place une structure durable et organisée avec des dirigeants identifiés et qui occupent des postes bien définis. A notre avis, ce qui fait la force de frappe des mouvements de cette catégorie, c’est la capacité, en un temps record, de mobiliser des foules immenses.

Aussi, seule la défense de l’intérêt supérieur de la nation peut susciter ces rassemblements spontanés, désintéressés et à grandes échelles. Or, cette spontanéité n’est possible que si les citoyens, de façon concomitante, s’oublient et mettent en avant l’intérêt général. Cette assertion s’est vérifiée dans toutes les révolutions que l’on a connues dans le monde arabe. Ces peuples, ayant constaté que leur patrie ainsi que leurs droits fondamentaux était gravement menacés, se sont mobilisés instinctivement, sans arrière pensée, ni calculs personnels.

C’est ce qui a, incontestablement, permis à ces soulèvements d’avoir un impact suffisamment significatif pour faire valser des régimes qui étaient, indiscutablement, très bien implantés et ce, depuis de longues années.

Parallèlement, même si comparaison n’est pas raison, il n’en demeure pas moins que cette analyse s’avère applicable à Y’EN A MARRE. En effet, c’est lorsque Abdoulaye Wade a voulu piaffer la république et ses institutions, que le groupe a eu l’occasion de déployer toute sa force. Or, si les mobilisations ont pu avoir lieu, c’est parce qu’au moment des faits, les sénégalais ont simultanément senti l’impérieuse nécessité de défendre leur patrie. Par conséquent, l’égoïsme humain a été neutralisé, les intérêts individuels oubliés et les risques affrontés. En tout cas, de cette spontanéité, ces mobilisations ont pu tirer toute leur puissance, d’ailleurs, cela a été le cas également pour le M23.

Seulement, en institutionnalisant la structure, il devient fort probable que les intérêts personnels prennent le dessus sur l’intérêt général. Les dirigeants seront exposés au risque de céder au goût du pouvoir. Dès lors, sans parler des probables guerres de positionnement au sein même de la structure, ils seront naturellement enclins à défendre leurs avantages singuliers. Ainsi, de fil en aiguille, la division s’enracinera et les intérêts autistiques se

suppléeront à celui plus général. Ce qui, à terme, aura pour corollaire de faire perdre au mouvement sa force et sa crédibilité.

Par ailleurs, au delà des menaces dont les dirigeants pourraient faire l’objet, parce qu’identifiés, il sera plus aisé de les corrompre par le versement de sommes colossales d’argent. Si l’histoire de ces organisations a démontré que cette concussion peut être menée par des politiques ou des organismes internes et internationaux, elle révèle aussi que l’objectif est souvent, soit de les confiner au silence, soit de les utiliser pour mener, en sourdine, des combats qui s’éloigneraient de la ligne de conduite initialement fixée.

Pourtant, pour que les populations continuent de croire en ce mouvement, il est indispensable que celui-ci ne se détourne pas de son rôle de sentinelle de la démocratie. En creux, cela signifie que le jour où le doute s’installera ou que ces populations se sentent manipulées, elles réfléchiront deux fois avant d’être embarquées dans un quelconque combat. Ce cas de figure n’est évidemment pas souhaitable, car il serait regrettable pour notre république et notre démocratie.

C’est sur le fondement de cette analyse, que nous estimons que l’institutionnalisation ne saurait être une solution idoine. Pire, elle pourrait même être une sérieuse source de fragilisation. Nous ne doutons aucunement du fait que les « y’en a marristes » soient animés par une réelle volonté de défendre les intérêts de notre pays. Mais, nous pensons, tout de même, que Y’EN A MARRE doit exister de façon latente et le jour où le besoin se fera sentir, il pourra plus facilement mobiliser ses troupes. C’est, sans doute, la meilleure solution pour contourner tous ces pièges et ainsi assurer la pérennité de ce formidable mouvement aux allures mythiques !!!

Momath Ndiaye

Membre de la cellule de communication de la section APR de Marseille

Membre de la convergence des cadres républicains CCR-France

E-mail : nmomath@gmail.fr

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