« YOON WI », PREMIER ALBUM DE LA CHANTEUSE AWA KOUNDOUL MORCEAUX DE MUSIQUE RAMASSES LE LONG DU CHEMIN

Awa Koundoul
Awa Koundoul
Awa Koundoul

La fin de l’année, c’est plutôt favorable quand on veut mettre sur le marché un nouvel album. La chanteuse sénégalaise Awa Koundoul, qui vit en Italie, l’a sans doute bien compris. Elle qui propose une série de 9 titres rassemblés sous le titre « Yoon Wi » (le chemin), un produit du label italien RDM, les initiales de Rodolfo Demontis Music Production. L’album, où elle chante, entre autres, en wolof et en mandingue, a été présenté hier, à la presse, en présence de l’artiste et de son producteur. Awa Koundoul est aussi comédienne, et son brin de voix, nous avons eu droit à une première écoute, fait parfois songer à Ma Sané du groupe Wa Flash de Thiès.

Awa Koundoul, c’est cette femme pleine d’assurance qui s’est tenue face à la presse, hier jeudi 18 décembre, à la Maison de la Culture Douta Seck. S’adressant avec la force de ceux qui sont convaincus d’avoir emprunté la bonne voie. Et son album, parce qu’il faut dire qu’elle est chanteuse, s’intitule d’ailleurs « Yoon Wi », le chemin ou la route, en français. Awa Koundoul est venue d’assez loin, puisque voilà plusieurs années déjà qu’elle vit en Italie. Et même si c’est la première fois qu’elle se lance sur le marché sénégalais, ce n’est pas vraiment une inconnue, elle qui a joué les choristes pour des artistes comme Feu Ndongo Lô, Yves Niang ou encore Tanor Tita Mbaye.
Sur cet album, elle chante aussi aux côtés de trois messieurs : le rappeur Didier Awadi, Vieux Mac Faye parce qu’il fait énormément de recherches sur la musique, et Idrissa Diop pour son côté world music, une musique que l’on transporte plus facilement. Sans doute parce que ça lui ressemble, à elle : Awa Koundoul fait dans l’afro jazz, l’afro hard rock etc. Une musique toujours métissée qui lui correspond tout autant qu’elle casse la monotonie : « tout le monde peut s’y retrouver, et on n’a jamais l’impression d’écouter la même chose ». Par le passé, elle a aussi collaboré avec le chanteur et acteur italien Massimo Ranieri.
Aujourd’hui, elle ne se « cache » plus derrière d’autres grandes voix. « Yoon Wi » est peut-être là pour le prouver, un ensemble de 9 chansons toujours très centrées sur l’Humain, et par ricochet sur la vie, les femmes, les enfants etc. avec des titres comme « Wor » qui comme son nom l’indique raconte quelque douloureuse trahison. Ou alors « Waru », ce morceau qui lui parle forcément et où se greffe toute son expérience, tout son parcours d’émigrée. Son discours s’adresse à ceux qui se laisseraient tenter par le voyage en Europe, mais à bord d’une pirogue de fortune.
La chanteuse raconte d’ailleurs comment elle s’est retrouvée en Italie. A l’époque, elle est surtout danseuse pour un groupe de la banlieue dakaroise qui se fait appeler le « Djembé Rythme ». Elle y fait donc ses premiers pas, va et vient, se rend plusieurs fois en Italie, six fois au total…Jusqu’au jour où elle décide de rester, pour approfondir sa «connaissance de la musique». Les débuts, comme souvent dans ces cas-là, ne sont pas très tendres, mais elle sait qu’elle peut compter sur son sacré coup de peigne, puisqu’elle est « sortie major de sa promo de l’Ecole Internationale de Coiffure », où elle est allée deux années après le bac. Elle en est convaincue, on réussit difficilement en Europe lorsqu’on s’en va les mains vides, sans bagage, sans formation.
Awa Koundoul n’a d’ailleurs pas fini d’apprendre. Car, pour l’instant, elle se contente de taquiner la guitare, elle qui vient d’une famille où tout le monde ou presque est musicien. Son « père (par exemple) est le Commandant Koundoul de la Musique principale des Forces armées », et ses frères « jouent tous d’un instrument ».

Théodora SY SAMBOU

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*